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26 Août 2018 | Trafic
 

Suite de l’enquête de La Provence sur le thème « la contrebande de cigarettes prend de l’ampleur en Provence » (voir Lmdt du 24 août). Avec un passage obligé à Marseille entre marché aux puces et marché de Noailles.

•• Tout près d’un arbre, à l’entrée du marché aux puces de Marseille, dans le 15e arrondissement, ils ne font rien pour se cacher.

« Cigarettes, cigarettes », c’est le mot scandé de manière presque mécanique par une poignée de jeunes en direction des passants pour tenter de retenir leur attention. Un revendeur – cheveux blonds décolorés, une petite vingtaine d’années – propose ses paquets de Marlboro à 5 euros. Venu d’Algérie, il vit à Marseille depuis trois ans grâce à son petit commerce après avoir séjourné quelques années en Autriche. « La vie est difficile ici » dit-il dans un français hésitant mais compréhensible, « on essaie de s’en sortir ». Dans son sachet en plastique de couleur, on aperçoit quelques paquets de cigarettes. Sur l’emballage, on peut lire la mention « Vente en Algérie ».

Un de ses camarades vient régulièrement l’approvisionner en cigarettes en jetant en vrac et à toute vitesse le complément des Marlboro et Camel qui lui manquent. Son business lui rapporte une part de 80 centimes à un euro gagnée sur chaque paquet revendu. « Je vends trois à quatre cartouches de cigarettes, quand ça marche », confie le jeune.

De l’autre côté de la route, un guetteur aperçoit deux CRS sur leurs motos. Au simple cri de « Police », les vendeurs disparaissent subitement comme une volée de moineaux, en essayant de se fondre comme ils peuvent dans la foule. Fausse alerte. Tous reviennent quelques minutes plus tard, en reprenant leurs postes.

•• Tout près du marché Noailles, dans le centre-ville, à proximité d’un hôtel de luxe en construction, on peut assister à peu près aux mêmes scènes.

Même si l’ambiance est plus stressante compte tenu de la foule environnante. Le paquet de Marlboro se vend ici à 6 euros. C’est à prendre ou à laisser, inutile de discuter. Les caméras de surveillance installées par la municipalité dans le secteur n’ont pas l’air de gêner les acteurs quotidiens de ce trafic illicite.

Cette économie de la débrouille dure depuis des lustres. Et ne semble pas près de vouloir s’arrêter, relève le quotidien.