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18 Fév 2018 | Observatoire
 

À partir du mois de mai prochain, l’Insee va officiellement intégrer les revenus de la drogue dans les comptes nationaux. Elle met ainsi fin à une position « isolée au niveau européen » en se pliant notamment à une vieille demande de son homologue continental Eurostat (voir Lmdt du 24 juin 2014). 

•• L’impact serait compris entre 2 et 3 milliards d’euros, selon les années. Soit de l’ordre de 0,1% du PIB. On reste ainsi assez loin de ce que pèse « l’activité dissimulée », c’est-à-dire l’ensemble des activités légales mais non déclarées, dont le poids sur l’économie française « oscille entre 3 et 4% du PIB ». Soit entre 60 et 80 milliards d’euros.

•• Comment l’Insee peut-il calculer les recettes d’activités illégales ? Concernant la drogue, Eurostat conseille de multiplier la quantité estimée de consommation par le prix moyen ayant cours dans la rue, tout en faisant jouer le paramètre du « ratio de pureté » des produits stupéfiants et des « coûts de transport et de stockage » des narcotrafiquants. Une méthode de travail que confirme suivre l’Insee.

Seulement, les statisticiens sont bien en peine de chiffrer, avec la précision qui les caractérise d’habitude, ce que représente réellement la consommation.

•• Dans la méthodologie détaillée, l’institut affirme se baser sur des analyses de chercheurs spécialistes de ces sujets : les travaux de l’OFDT (Observatoire français des Drogues et Toxicomanies) et de l’INHESJ (Institut national des Hautes Études sur la Sécurité et la Justice).

Les derniers travaux d’ampleur menés sur le sujet, notamment par l’INHESJ, datent certes de 2016, mais, dans le rapport, une bonne partie des données sont bien plus anciennes et remontent à 2010.

Pour l’Insee, l’écart entre l’année de référence du rapport et aujourd’hui n’est pas source de sous-estimation : « les estimations inclues dans la comptabilité nationale ne sont pas datées, puisque l’on ne prend en compte que l’évolution du marché » (sic).

•• « Au final, ça ne pèse pas grand-chose au regard des 2 200 milliards du PIB » indique un observateur avisé. On le dira comme cela.

Conclusion : on va faire comme le demande Eurostat mais surtout on ne se dote pas de vrais outils pour regarder la réalité du marché en face.