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6 Déc 2019 | Observatoire
 

À l’occasion de la CPO 25 qui se tient à Madrid, Mathilde Robinet (étudiante) signe, dans le Cercle des Échos, une tribune titrée « et si la communication anti-tabac pouvait aider la lutte contre le changement climatique ? ». Quelque peu, tiré par les cheveux …

« (…) Bien que le réchauffement planétaire et tabagisme peuvent sembler être, de prime abord, des phénomènes très différents, des facteurs psychologiques et sociaux communs expliquent nos comportements face à ces sujets.

•• « En effet, bien qu’un fumeur soit conscient des dangers qu’il prend en allumant une cigarette, il choisit néanmoins le plaisir immédiat que celle-ci lui procure, et ignore les risques de cancer ou de maladies cardio-vasculaires, les considérant comme lointains et incertains. De la même façon, bien que nous soyons maintenant très conscients des dangers du changement climatique, nous préférons ne pas renoncer à notre confort plutôt que d’adapter nos comportements.

•• « Ainsi, puisque des politiques et des stratégies anti-tabac ont prouvé leur efficacité depuis plusieurs dizaines années, nous pouvons les analyser et en tirer des enseignements pour lutter contre ces attitudes irrationnelles face aux enjeux environnementaux.

•• « La stratégie de communication est un élément central de la lutte antitabac. À chaque fois qu’un fumeur sort une cigarette, on lui rappelle de manière violente que « Fumer Tue » avec une illustration très concrète de ce que cela veut dire. Il a été prouvé que cet avertissement simple, direct et récurrent, finit par sensibiliser le consommateur, mais, plus important encore, le pousse à agir, si bien qu’à terme, il consommera en moyenne moins de tabac voire arrêtera de fumer. Si l’on applique cette observation à un plan de communication sur le climat, les autorités doivent informer, discuter et éduquer de manière simple et accessible à tous.

•• « Avoir des discours scientifiques et théoriques sur les sujets environnementaux est inefficace, voir dessert l’objectif (…) En optant pour une communication similaire à celle sur le tabac, c’est-à-dire simple, directe, répétée et qui met en exergue les dangers spécifiques pour le consommateur concerné, nous sensibiliserons un plus large public, afin d’aller vers une modification efficace et durable des comportements.

•• « Une prise de conscience sans action subséquente ne suffit pas. La COP25 doit établir un plan d’action concret pour combler ce décalage entre prise de conscience et adaptation des modes de vie. En articulant des stratégies de communication plus efficaces, nous devrions arriver à ce que chacun ne soit pas seulement conscient du danger, mais aussi agisse véritablement, par ses comportements individuels, par ses choix de consommation, ou par ses bulletins de vote. »

•• Reste, quand même, à prouver que la communication des politiques anti-tabac – mises en exergue – se soit montrée réellement efficace.