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16 Mar 2014 | E-cigarette
 

Gérard_Mathern« On a des présomptions d’efficacité et des témoignages. Mais le témoignage n’est pas la preuve » vient de confier, à l’AFP, le tabacologue Gérard Mathern, secrétaire général de la Société française de tabacologie, interrogé sur l’efficacité de l’e-cigarette dans le sevrage tabagique.

« Il y a une pauvreté assez remarquable sur les moyens thérapeutiques. Tout ce qui va apparaître est bon à prendre en compte si l’on fait la preuve qu’il n’y a pas, ou moins, de danger que le tabac.
Actuellement, on n’a pas encore assez de recul pour dire que ça permet aux gens d’arrêter de fumer. Ce que les études montrent, c’est qu’on réduit les risques : en vapotant les gens fument moins et absorbent moins de toxiques. La grande inconnue, ce sont les arômes : sont-ils dangereux à long terme ou pas ?

« Il faut essayer de mettre en place des études méthodologiquement irréprochables sur la potentialité de la toxicité à long terme et l’arrêt du tabac. Une étude (solide) demande deux ans et environ 200.000 euros.

« Où prendre cet argent ? L’Etat ? Il n’en a plus. Les laboratoires ? On nous dira qu’on a fait une étude pour la pharmacie. Le monde des « vapoteurs » ? Là aussi, on aura un conflit d’intérêt. L’émergence (de l’e-cigarette) a deux ans, c’est très court pour le monde scientifique (…) Si vous avez une très belle étude, bien montée, méthodologiquement irréprochable et qui va montrer quelque chose, on la croira. Ce n’est pas encore le cas ».