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11 Mai 2014 | E-cigarette
 

BFMCertains se sont émus de la prise de position  de Bertrand Dautzenberg en faveur de l’interdiction d’utiliser la cigarette électronique dans certains lieux publics, conformément aux vœux de Marisol Touraine (voir Lemondedutabac des 1er et 2 mai). Car, jusqu’à maintenant, le président de l’Office français de Prévention du Tabagisme et autres Addictions (OFTA) s’est montré un soutien actif de la cigarette électronique, en tant qu’efficace substitut à la cigarette conventionnelle. 

D’où l’intérêt de suivre son intervention sur le plateau de « Votre Santé m’intéresse » (BFM Business) de ce samedi 10 mai. Avec son thème de prédilection : « La cigarette électronique est-elle vraiment efficace pour arrêter de fumer ? ». Extraits.

B Dautzenberg• Sur l’engouement pour la cigarette électronique :
« Les substituts nicotiniques et les produits de prescription gardent toute leur place pour s’arrêter de fumer » ( …) Et la cigarette électronique « est un moyen de sortir du tabac par une autre voie, non pas par le sevrage, mais, un petit peu, par le plaisir. Par un produit qui n’est pas vraiment un produit du tabac, qui n’est pas un médicament, qui est entre les deux. Et qui permet en douceur de quitter le tabac. Mais le taux de succès de la cigarette électronique est aussi relativement faible. La plupart des gens qui l’essaient ne l’adoptent pas … peut-être parce qu’ils ont mal choisi leur cigarette électronique.

« C’est en fonction de l’âge. Pour les jeunes, ils la prennent par plaisir, c’est un sur cinq qui déclare qu’il va l’adopter. Pour les plus de 45 ans, qui sont dans une démarche d’arrêt, il y en a deux sur trois qui vont l’adopter. C’est le même produit – intermédiaire entre le « produit tabac » et le produit « d’arrêt » – qui peut être utilisé, soit comme un autre produit du tabac par certains, soit comme  un produit pour s’arrêter par d’autres : on a donc tout l’éventail et le passage de l’un à l’autre peut se faire en souplesse ou en douceur.

« C’est intéressant. On a même ouvert à la Pitié une consultation de « cigarette électronique » et là, on a des gens qui viennent, non pas pour s’arrêter de fumer mais pour essayer autre chose. Et en essayant autre chose, ils vont sortir des cigarettes traditionnelles. Mais, bien souvent, en association avec des médicaments de prescription ou des substituts ».

• Sur l’interdiction de fumer dans certains lieux publics : 
« La cigarette électronique est et restera toujours un produit addictif » (…) Reste que « la e-cig est une réduction colossale du danger pour un fumeur. Mais, si les non-fumeurs se mettent à adopter le produit, il y aura des incidents. 
« D’où l’interdiction de vendre aux mineurs. Pour l’usage dans les lieux publics, la ministre a des paroles qui ne se sont pas traduites en loi. Mon interprétation, c’est que la loi interdit déjà de le faire. Il serait souhaitable d’avoir un texte très clair ».

• Sur une procédure de normalisation :
« Les produits que l’on a, maintenant, sont nettement meilleurs, mais il est nécessaire d’avoir une norme. AFNOR commence un travail pour avoir une norme, puis, derrière, une norme européenne. Le problème, c’est qu’un processus d’harmonisation (européenne) demande deux à trois ans et on a besoin d’avoir une norme tout de suite. On espère une norme provisoire, tout au moins expérimentale, d’ici la fin de l’année ».