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29 Nov 2014 | E-cigarette
 

E-Cig Vapoteur 3Les enquêtes scientifiques sur l’e-cigarette sont-elles toutes fiables ? Les critiques font feu, ces jours-ci, sur une étude japonaise traitant de la cigarette électronique et, singulièrement sur la couverture médiatique qui en a été faite (voir Lmdt du 27 novembre). Dans un article de Metronews, Bertrand Dautzenberg (président de Office français de Prévention  du Tabagisme et autres Addictions / OFTA) apporte quelques éléments de réponse …

« C’est un mauvais papier scientifique », affirme le professeur qui reproche aux scientifiques japonais de ne pas suffisamment avoir décrit les conditions de vapotage de ces cigarettes. « Ils ne disent pas si les cigarettes ont été fumées jusqu’au bout, or une e-cigarette c’est comme une cocotte minute, quand il n’y a presque plus de liquide cela chauffe » …. et devient beaucoup plus cancérigène. Le professeur  Konstantinos Farsalinos, rédacteur externe de l’étude japonaise, a depuis désavoué  la présentation qui en a été faite (voir Lmdt du 28 novembre).

B DautzenbergPlus globalement, poursuit le professeur Dautzenberg, « il y a peu d’études de bonne valeur scientifique sur l’e-cigarette », notamment parce que celle-ci n’est commercialisée à très grande échelle que depuis quelques années seulement. On accorde  une note de A à D aux études, D étant la meilleure note. Or, selon le président de l’OFTA, il n’existe actuellement aucune étude de niveau D sur l’e-cigarette.

Metronews conclut sur la question de l’indépendance … Le marché de l’e-cigarette pèse près de 3 milliards d’euros dans le monde et pourrait atteindre 10 milliards d’ici 2017. En France, on estime qu’il s’élève en 2014 à 275 millions d’euros. Dans cette mesure, les enquêtes médicales sur l’e-cigarette peuvent-elles rester en dehors des pressions ou propositions indécentes des entreprises ? Selon un rapport de l’OFTA rendu public l’année dernière, environ 16% des 111 études produites sur le sujet depuis 2009 avaient des auteurs ayant des liens connus avec le marché de l’e-cigarette. Près de 2% avaient des liens avec l’industrie du tabac. Toutefois, près de 82% des travaux publiés n’avaient aucun lien connu avec l’un ou l’autre camp.

Pour le professeur Dautzenberg, une chose est néanmoins sûre : les données existantes sont suffisantes pour affirmer que l’e-cigarette serait moins nocive que le tabac.