Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
9 Août 2020 | Profession
 

Cela vaut toujours la peine de consulter l’opinion de Maya Selva qui a relevé ce défi, incroyable et risqué quand il a été entrepris il y a 25 ans, d’installer à son aise le cigare roulé main du Honduras et du Nicaragua sur un certain nombre de marchés, la France en premier.

Maya Selva s’exprime dans la livraison estivale de la revue Boutique. Extraits.

• Question : En France, vous avez été l’une des premières à développer les terroirs du Honduras et ensuite du Nicaragua dans un pays dominé par les Habanos …

•• Maya Selva : Nous avons répondu à une tendance de fond des amateurs de cigares : fumer moins, mais mieux, avec une dégustation consciente et curieuse.

On a répondu à cette curiosité et à cette dynamique du marché. Un vrai mouvement, comme au niveau du vin. Le dogmatisme gustatif n’est plus d’actualité.

• Question : Les augmentations de taxes sur le cigare peuvent-elles compromettre la survie de votre entreprise ?

•• Maya Selva : Nous devons nous organiser régulièrement depuis des années, pour faire face à ces hausses régulières de fiscalité, avec, qui plus est, une prochaine augmentation en novembre 2020. Rappelons que l’on ne sait pas ce qui va se passer en 2021 en termes de taxes.

Notre premier marché est devenu l’Allemagne, la France est passée au second rang. Mais évidemment, on reste fidèle à notre marché de référence en proposant nos nouveautés en avant-première en France. Afin de faire face à la fiscalité, le marché du fait main va devoir monter en gamme pour survivre, en termes de prix, de qualité gustative et de finitions irréprochables.

• Question : Que diriez-vous aux buralistes afin qu’ils continuent à commercialiser des faits-main ?

•• Maya Selva : Le cigare a 1 500 ans, il va donc encore s’adapter.

Avec la montée des prix rendue inévitable par la hausse des taxes, la marge des points de vente est donc plus importante, puisqu’ils sont payés sur le TTC. Mais le débitant de tabac doit être extrêmement rigoureux sur ses commandes, pour limiter les problèmes de trésorerie. 

Déréférencer le cigare n’est pas une bonne idée, puisqu’ il est rentable pour un détaillant et permet même de développer son chiffre d’affaires.