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17 Oct 2018 | Profession
 

Tout connaisseur du monde du tabac le sait bien.

Le segment des cigares/cigarillos – soit 2,25 % des parts de tous les produits du tabac – ne représente pas la première et principale porte d’entrée dans le tabagisme. Notamment pour les femmes et les jeunes, cibles privilégiées des campagnes de prévention au long cours, avec les accompagnements fiscaux que l’on connait.

Il n’empêche que la déclinaison de la politique fiscale actuelle – censée mener au paquet de cigarettes à 10 euros en 2020 – risque de se traduire par une conséquence inattendue : l’éjection pure et simple, du marché du tabac, de ce segment précis des cigares/ cigarillos.

•• L’alerte avait déjà été donnée, il y a un an ; une première anomalie fiscale étant apparue avant d’être corrigée suite à une interpellation du ministre Gérald Darmanin, lors du Congrès des buralistes (voir Lmdt des 19 et 27 octobre et 15 novembre 2017). Un amendement avait opportunément permis à la fiscalité cigares/cigarillos d’être légèrement atténuée, dans un souci de cohérence de positionnement par rapport aux autres produits, tout en répondant à l’objectif de convergence de prix voulu par le Gouvernement.

•• Reste que l’amendement d’il y a un an n’a eu qu’un effet provisoire : le problème subsiste pour les deux années à venir.

En l’état du dispositif actuel de fiscalité, le différentiel de prix entre le paquet de 20 cigarettes et la boite de 20 cigarillos risque d’entraîner – à horizon novembre 2020 – un écart de plus de 2 euros, en faveur du premier.

•• De quoi influencer le comportement des placides acheteurs de cigarillos et les inciter à revenir vers les cigarettes. À moins d’ouvrir les vannes d’un marché parallèle, là où il n’y en avait guère.

En cette période de discussion budgétaire, il serait étonnant que le sujet ne rebondisse pas d’une façon ou d’une autre. Car aux yeux des professionnels de la filière cigares-cigarillos, un correctif s’impose.