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19 Fév 2014 | International
 

Les chercheurs d’une étude, publiée ce mercredi dans le British medical Journal (BMJ), pressent la Chine de mettre en oeuvre les mesures de lutte contre le tabagisme préconisées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

ChinePékin a jusqu’à présent pris peu de mesures, se contentant d’interdire le tabac dans les transports en commun et récemment dans les établissements scolaires (voir Lemondedutabac du 31 janvier). Seules quelques villes ont adopté l’interdiction de fumer dans les lieux publics. L’augmentation de la fiscalité sur les produits du tabac en 2009 n’a pas été répercutée sur le consommateur.

La Chine est donc le « mauvais élève » et il y a urgence à agir pour les auteurs de l’étude (des chercheurs espagnols, français et américains), qui avancent que « le tabac pourrait faire plus de 50 millions de morts au total en Chine entre 2012 et 2050, si le statu quo est maintenu ».

L’étude se permet d’indiquer à Pékin « la bonne feuille de route ». Et va même jusqu’à chiffrer l’impact des recommandations de la Convention-cadre de l’OMS (comme si cela relevait d’une science exacte …) :
– taxer le paquet de cigarettes à 75% = une réduction de plus de 10% du nombre des fumeurs et 3,5 millions de vies sauvées d’ici à 2050;
– interdire le tabac dans tous les lieux publics tout comme la publicité pour les produits du tabac = quelque 5,5 millions de décès supplémentaires évités d’ici à 2050;
– insérer des avertissements sanitaires et une campagne anti-tabac de grande ampleur : 4 millions de décès en moins;
– et au total, une baisse de 40% du nombre de fumeurs et 13 millions de morts évités.

Toujours donneurs de leçons, les experts (étrangers) adressent un avertissement à Pékin : « dans le cas contraire, les décès et les handicaps liés au tabagisme risquent de perdurer encore pendant des décennies ». Pas sûr que cela soit la bonne méthode avec la Chine.