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8 Fév 2018 | Profession
 

Attaques à la voiture-bélier (voir Lmdt du 3 février 2018), casses en série (30 janvier 2018), buraliste séquestré avec sa famille (20 décembre 2017), braquages … La série noire continue pour les buralistes. Dans son dernier numéro, Challenges évoque – à sa manière – ce que nous traitons quotidiennement ici-même.   

124 vols armés ont été recensés au cours des dix premiers mois de 2017, soit autant qu’en 2015 après une année 2016 déjà violente avec 163 braquages dénombrés, selon l’hebdomadaire économique : le sujet est d’importance.

•• Philippe Coy est, d’ailleurs, en passe d’obtenir un rendez-vous avec le ministère de l’Intérieur dans les prochaines semaines pour faire le point.

Les hausses de prix du tabac ne seraient pas la seule raison de ce phénomène. « C’est mécanique : il n’y a plus d’argent dans les banques, et le cash est de plus en plus disponible dans les bureaux de tabac. Nous devenons donc des cibles privilégiées. » analyse Philippe Coy dans le même article.

•• Paradoxe : alors que les banques ferment leurs agences, les buralistes multiplient les services financiers pour sauver leur modèle.

Dernières innovations relevées par Challenges :
• le transfert d’argent après l’accord FDJ / Western Union (voir Lmdt du 6 décembre 2017). On apporte du liquide au buralistes (240 euros en moyenne par transaction) et celui-ci est viré à des milliers de kilomètres.
• le Compte Nickel (voir Lmdt des 22 et 16 janvier) qui incite aux dépôts d’argent directs (300 euros annuels par compte en moyenne).

•• Toute cette activité fiduciaire est regardée de très près par les autorités de la lutte anti-blanchiment. Mais un spécialiste en sécurité, interrogé par Challenges, croit savoir toutefois que les activités de blanchiment offrent plutôt … l’une des meilleures protections aux débits de tabac situés en zones sensibles : les bandes qui y recyclent le fruit de leurs trafics (en y achetant divers produits) n’ont pas intérêt à dégrader cet outil (sic).

•• Le danger qu’il y aurait à constituer « des montagnes de billets » dans chaque débit de tabac du coin de la rue est présent à l’esprit de tous les opérateurs.

La FDJ déclenche des paiements de gains par virement (à la place du liquide) à partir de 200 euros pour les jeux de grattage et 300 euros pour les jeux de tirage. Western Union promet de mettre en place des tournées de convoyeurs de fonds pour extraire du liquide en journée, si un afflux de billets est constaté dans certains commerces.

•• L’État, pour sa part, protège les cigarettes – et ses taxes associées – en permettant aux buralistes de déduire 80 % de leurs travaux de sécurité à hauteur de 15 000 euros tous les quatre ans, raconte aussi Challenges pour lequel l’incitation n’aurait eu toutefois qu’un effet limité (re-sic ).

Ainsi, la Brink’s se désespère de n’avoir vendu que 50 de ses coffres forts intelligents « Compusafe » à des buralistes, quand les autres commerces de détail en ont acquis 3 200.

•• Difficile cependant d’aller loin dans les démarches sécuritaires. Des Hygiaphone blindés sépareraient le buraliste de sa clientèle et la présence trop visible ou régulière de convoyeurs, pour alléger les caisses, risquerait d’attirer l’attention, selon le ministère de l’Intérieur.

•• Quant à freiner ces nouvelles activités bancaires, c’est politiquement inenvisageable, toujours d’après Challenges. Lequel estime en conclusion que la hausse du prix des cigarettes, décidée par l’État, contraint les buralistes à changer de modèle économique.

« Le fait que des grandes sociétés, notamment financières, nous fassent confiance pour toucher des clients est très bon signe », conclut Philippe Coy, « cela prouve que nous sommes capables d’apporter sur tout le territoire des services de proximité utiles à tous. »