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9 Mai 2021 | Profession
 

Près de 70 anciens adhérents de la Coopérative de tabaculteurs Poitou-Tabac s’apprêtent à semer des plants de chanvre en plein champ, dans les deux Charentes et jusqu’en terres poitevines et vendéennes. Plus de 50 hectares sont annoncés pour la mi-mai, pour commencer, selon La Charente Libre.

« Le CBD est un phénomène de société, l’une des molécules de demain. Nous devons être en avance, et savoir nous renouveler » plaide Philippe Suire. Ex-président de la Coopérative Poitou-Tabac – installé à Salles-de-Villefagnan (prés de Confolens, en Charente ) – cet ancien tabaculteur a pris la tête de cette démarche.

•• « Dans les limites imposées par la réglementation européenne. Nous sommes des citoyens responsables. Sans cette possibilité, nous n’aurions pas commencé » insiste-t-il

La décision rendue par la Cour de justice de l’Union européenne (voir 19 novembre 2020) a définitivement convaincu les anciens tabaculteurs de l’intérêt de ce nouveau marché.

•• Depuis 2017 et l’arrêt de la production du tabac en Charente, bon nombre d’entre eux se cherchaient de nouveaux débouchés.

La Coopérative Poitou-Tabac et ses membres avaient pourtant lourdement investi et ont travaillé sur un tabac bio un certain temps. Certains en tiraient de 50 à 100 % de leur chiffre d’affaires et employaient des dizaines de saisonniers ou d’employés à plein-temps.

•• Tous ont accepté sans hésiter l’idée de relancer leur coopération autour du CBD . « Notre force, c’est le mutualisme. Nous avons le coup de main et nous avons encore le matériel » détaille Philippe Suire qui avait investi près d’un million d’euros dans des séchoirs à tabac voilà moins d’une décennie. « C’est aussi une plante qui nous arrange bien : elle présente un cycle de vie assez court et nécessite peu d’eau. Idéal pour notre territoire charentais. »

Les ex-tabaculteurs ont tout planifié. Ils miseront, comme pour leur tabac, sur du CBD bio pour un marché haut de gamme. Voilà plusieurs mois que l’ancien président de la Coopérative Poitou-Tabac se forme en Suisse. Philippe Suire a également intégré Cap Chanvre, une structure qui propose des outils clé en main et une assistance juridique aux futurs producteurs de CBD.

Prochain objectif : fonder une fédération régionale, « pour assurer la reconnaissance du métier et devenir les interlocuteurs officiels des pouvoirs publics ». Autre sujet sensible : la sécurité autour des champs de CBD.

•• Cette filière charentaise du CBD intéresse déjà au-delà du périmètre de l’ancienne coopérative et de ses membres historiques : « il faut installer, former les agriculteurs. Et maîtriser notre produit. On ne sait pas comment l’État va appréhender cette nouvelle production. Il faudra être à la hauteur techniquement et toujours dans la légalité » assure Philippe Suire.

Ses fils, ingénieurs en informatique, pensent rejoindre progressivement l’exploitation familiale : « j’ai grandi dans les champs de tabac. Cette plante était très technique, le CBD l’est tout autant. Ramener ce métier à la ferme m’intéresse beaucoup. C’est toujours mieux que le maïs » souffle l’un d’eux à La Charente Libre.