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27 Déc 2020 | Observatoire
 

Dans son édition de dimanche 27 / lundi 28 décembre, le quotidien Le Monde consacre une enquête au marché des boutiques de CBD dans l’Hexagone, tel qu’il se présente depuis la décision de la Cour de Justice européenne et tel que nous le relatons jour après jour, ici même (voir 19 et 25 novembre, 8, 16 et 19 décembre).

L’essentiel de cette enquête (première partie).

 •• « Ils s’appellent Green Heaven, Deli Hemp, Kandy Shop, Frenchy Freeze, FoxSeeds ou encore Le Lab du Bonheur, et ouvrent à tour de bras des boutiques dans de grandes villes comme Paris, Bordeaux, Marseille ou Lyon. 

Infusions, cosmétiques et fleurs de cannabis « 100 % légal », comme ils l’indiquent fièrement sur leur devanture. Les boutiques de CBD – pour « cannabidiol », molécule extraite de la plante de cannabis – fleurissent comme, avant elles, les magasins de cigarette électronique et les bars à ongles. Bien souvent sur des petits emplacements. Discrets, juste ce qu’il faut.

 •• « Pour ce genre de projet, le téléphone de Kevin Uzan, cofondateur de Commerce Immo, agence spécialisée en immobilier commercial, n’arrête pas de sonner : « sur 100 appels par jour, on en reçoit 10 à 15 concernant la recherche de locaux commerciaux pour du CBD dans Paris. Ils cherchent des quartiers bobos, comme République, Bastille, le Marais, Saint-Germain, Saint-Michel ».

 •• (…) « Depuis qu’il a appris l’existence d’un tel commerce dans son arrondissement parisien, « alimentant », selon lui, « sur sa vitrine la propagande en faveur de produits stupéfiants », Philippe Goujon, maire (Les Républicains) du 15ème arrondissement ne décolère pas. 

« J’ai saisi les autorités judiciaires et policières. Je ne sais pas si je vais réussir mais je vais me battre pour qu’on fasse fermer cette boutique », lance cet opposant à une dépénalisation du cannabis.

 ••« Selon Aurélien Delecroix, président du Syndicat professionnel du chanvre (SPC), on dénombrait une centaine de boutiques en France avant qu’une interdiction du CBD soit prononcée en juin 2018. Leur nombre était ensuite retombé à une trentaine. 

« Il y en a désormais près de 300, dont une cinquantaine sous la franchise Deli Hemp. À l’époque, « on avait été débordés d’appels pour des surfaces de 20-25 mètres carrés, comme auparavant pour la cigarette électronique, raconte un agent immobilier. Ils avaient ouvert avant que la préfecture ne leur impose une fermeture administrative. Depuis deux mois, les appels ont repris et les ouvertures aussi. Les porteurs de projet nous disent qu’il n’y a pas eu de suite faute d’argument concret aux fermetures administratives ».  

 •• (…) « En France, des sociétés se sont créées sur le marché du CBD et ont lancé leurs marques, à l’exemple d’Ho Karan dans les cosmétiques, ou de Rainbow avec ses marques Kaya (chewing-gums, bonbons et compléments alimentaires) et Peace and Skin (cosmétiques). 

Aurélien Delecroix, du SPC, a, de son côté, fondé la société Green Leaf Company avec la marque Hello Joya revendue en 2019 au britannique Emmac. Ce dernier, qui ambitionne d’être leader européen du marché du cannabis thérapeutique et bien-être, a annoncé son intention de se coter au Nasdaq.

 •• « Le marché du CBD en France pourrait atteindre 1 milliard d’euros », estime M. Delecroix. « À condition que la France adapte sa réglementation au regard de la décision européenne. ».

À suivre …