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19 Juin 2018 | Observatoire
 

Entre les coups de frein de la Mildeca (voir Lmdt du 12 juin) et de la ministre de la Santé (voir Lmdt du 17 juin), Les Inrockuptibles s’est glissé, dans l’édition de cette semaine, dans la longue file d’attente de « Cofyshop » (dans le 11ème arrondissement / voir Lmdt du 9 juin) afin de savoir comment une herbe qui « ne défonce pas » peut plaire autant ?

•• Quentin, Pierre et Fatine, la trentaine et bien dans leurs baskets, recherchent dans cette herbe « un effet agréable de relaxation. » Fatine s’exclame : « il y en a marre de ces weeds trop chargées en THC. Quand, tu en fumes, tu n’as plus rien envie de faire. Au moins avec la CBD, tu peux rester concentré et créatif. »

Pierre qui fume cette substance depuis un an et demi la rejoint : « je peux fumer un joint à 14 heures au travail ou avant d’aller déjeuner avec mère sans que cela me porte préjudice. »

Quentin, qui a commencé à consommer du e-liquide au CBD vante les mérites de cette herbe qui a pu lui faire réduire sa consommation de cannabis. Mathieu, commercial de 30 ans, renchérit : « c’est un très bon placebo. Je fume du cannabis depuis 7 ans et depuis que j’ai découvert la CBD, j’ai complètement arrêté. »

•• Antony et Valentine, un couple d’une vingtaine d’années, préfèrent eux l’acheter sur internet. C’est un ami commun qui leur en a parlé comme d’une « substance qui te permet d’être calme et de rester toi-même. » Antony peut maîtriser sa consommation de cannabis tout en allant à son travail « en forme et sans avoir la boule au ventre ni les yeux rouges » et Valentine peut gérer ses angoisses.

Cette jeune graphiste atteinte de troubles du comportement alimentaire (TCA) fume de la CBD avant de manger : « Cela me permet d’être moins tendue avant de me mettre à table et de ne pas me répéter incessamment la liste des aliments que je viens de manger. » Selon le couple, fumer de la CBD n’agit ni sur le sommeil ni sur le sexe : « c’est comme un doliprane. Quand tu as mal à la tête, tu en prends un. Au bout de quelques minutes, tu n’as plus mal mais tu ne ressens aucun effet particulier. »

•• Mireille aussi en prend pour des raisons thérapeutiques. Cette femme d’une soixantaine d’années est une victime du Levothyrox. Elle a découvert la CBD sous forme de bonbons en Suisse et selon elle cette substance est « plus efficace que les antalgiques pour calmer ses douleurs. »

•• Pour Valentine, le buzz de « Cofyshop » est pour quelque chose dans la prise de position de la Mildeca : « le gérant veut juste se faire de l’argent. En communiquant de cette manière autour du CBD, il transforme quelque chose de positif en problème. »

Le magasin Root’s Seeds qui vend des infusions ou encore des crèmes à base de CBD, depuis fin 2017, et revendique « une clientèle fidèle » juge également le buzz « plus contreproductif qu’autre chose. »

« Cofyshop » s’en défend : « On fait exprès de faire le buzz autour de nous pour réveiller l’État. C’est la seule manière de savoir si oui ou non la CBD est légale » affirme un employé chargé de la communication.