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14 Juin 2018 | Observatoire
 

La publication de la Mission interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites addictives (Mildeca) sur les seuils de légalité des produits à base CBD (voir Lmdt du 11 juin) a secoué quelques-uns de ces commerçants qui se lancent sur la vague. Réactions recueillies par France Bourgogne-Franche-Comté.

•• « J’ai eu peur, j’ai même fermé mes deux boutiques hier, ainsi que d’une autre enseigne à Vesoul », explique René Guérin, gérant du Green Coffee, à Besançon (voir Lmdt du 12 juin).

Et à Besançon, il a retiré dare-dare sa pancarte explicative sur les bienfaits du CBD pour la santé. « Moi je vends du cannabis CBD, je ne suis pas docteur. Quand les gens arrivent, je ne leur dis pas : vous avez mal où ? Tenez, je vais vous donner ça ». Il a donc entendu le message de la Mildeca dénonçant la confusion entretenue par le marketing, aboutissant, in fine, « à une promotion du cannabis ».

•• Ses produits viennent de Suisse, mais il les achète en France. Il attend son numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification), nécessaire pour les importations. Même s’il estime que « ce qui a été publié, ça n’est qu’un rapport. Ils vont mettre des mois avant de pondre une loi », René Guérin craint une interdiction de la vente de produits dont la teneur en THC serait inférieure à 0.2%, mais supérieure à 0%. Il ne pourrait plus vendre alors « ses flacons d’huile de CBD, et c’est ce qui marche le mieux ».

•• Les variétés de chanvre utilisées doivent figurer sur une liste. « Il y a beaucoup de variétés », explique René Guérin, dont le cousin produit du chanvre bio en Suisse. « En Suisse, certaines sont modifiées génétiquement, de manière à ce que la teneur en THC de ces plantes ne dépasse pas 0.2 % ».

Qu’un magistrat condamne un commerçant vendant une fleur de chanvre, René Guérin n’y croit pas : « à Vesoul, mon vendeur a été contrôlé. La gendarmerie lui a demandé ce qu’il avait dans la voiture, il a montré les produits de cannabis CBD. Et ils l’ont laissé partir, comme ça. Même les gendarmes ne savent pas quoi faire. Pour l’instant, au niveau du droit, rien n’est fait. On ne peut pas pondre une loi en six mois ».