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23 Sep 2019 | Profession
 

La justice et les autorités policières multiplient les décisions contradictoires … (voir Lmdt des 15 et 13 septembre ainsi que des 1er août et 22 juillet). 

Les buralistes d’un tabac « multiservices » dans le petit village de Landiras (à une quarantaine de kilomètres au sud de Bordeaux) ont été relaxés, le 6 septembre, par le tribunal correctionnel de Bordeaux qui a estimé qu’ils n’étaient coupables ni de détention, ni de cession, ni d’acquisition de produits stupéfiants et pas davantage de provocation à l’usage de drogue.

Ces buralistes, qui vendaient des produits à base de CBD et de THC, reviennent dans Sud-Ouest, ils  sur un parcours judiciaire traumatisant.

•• Le 31 octobre 2018, les gendarmes avaient fait irruption chez eux. Éberlués, ils apprenaient qu’un client les accuse de faire du trafic de produits stupéfiants.

« Ils n’ont pas été aussi diligents quand nous avons été victimes de cambriolage » commente, amère, Lioudmila, la buraliste. « Là, ils sont venus nombreux, avec des gilets pare-balles et armés, devant les enfants pour fouiller. C’était vexant, blessant, humiliant. Landiras est un petit village, la nouvelle a vite circulé ».

•• Ce jour-là, les enquêteurs avaient saisi des e-liquides pour cigarettes électroniques et des tisanes à base de sommités fleuries pour les faire analyser. Cinq mois plus tard, les résultats sont tombés. Certains taux de THC (tétrahydrocannabinol) étaient supérieurs à la norme actuellement en vigueur en France. Cette fois, le couple part pour 29 heures de garde à vue.

Tous deux ont, ensuite, vécu dans l’angoisse en attendant leur convocation devant le tribunal correctionnel de Bordeaux le 6 septembre dernier.

•• Le couple a misé sur la diversification depuis son installation en 2010 (de l’épicerie aux jouets et à la carte de pêche, en passant évidemment par la presse et le tabac). Les engrais, arômes des e-cigarettes et les tisanes bien-être en faisaient partie. « Nous avons acheté en toute transparence des produits contrôlés par des laboratoires en France » ont-ils plaidé, « les buralistes sont sous contrat avec les douanes, nous n’allions pas prendre le risque de tout perdre ».