Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
29 Mar 2017 | L'Info
 

Comme nous l’avons annoncé, un séminaire des présidents des chambres syndicales départe-mentales s’est tenu ce 29 mars. Il a porté essentiellement sur le lancement prochain de LCB / La Cigarette du Buraliste (voir Lmdt du 28 mars et de ce jour).

Ce que l’on peut dire aujourd’hui sur cette annonce-surprise. À partir des arguments avancés par la Confédération :

•• L’initiative : « il s’agit d’une initiative forte en réponse au fatalisme qui prédomine par rapport au niveau scandaleux de marché parallèle du tabac  que nous connaissons en France » a insisté Pascal Montredon.

« Avec le conseil d’administration de la Confédération, réuni en décembre dernier, nous avions pris à l’unanimité la décision de mettre à disposition du réseau des buralistes un produit destiné exclusivement au marché français. Celui-ci ne sera pas vendu en Andorre, ni aux frontières, ni sur Internet, ni ailleurs .

« Les buralistes le commanderont ou pas, selon leur bon vouloir. Mais au moins, nous avons pris nos responsabilités à travers cette démarche qui frappe tous les esprits. Aux pouvoirs publics, maintenant, d’ en faire autant en prenant des décisions effectives contre ce marché parallèle qui gangrène nos activités ».

•• Concrètement, l’idée a été développée suite à une rencontre entre Pascal Montredon, Jean-Luc Renaud (secrétaire général de la Confédération), Michel  Guiffès (trésorier) et Aziz Tayabi (directeur de Poeschl Tobacco France / voir photo), la Confédération ayant fait savoir depuis quelque temps qu’elle était ouverte à tous les projets de développement susceptibles de lui être présentés.

•• Le schéma : la Confédération est propriétaire de la marque ; le fabricant est KTI (Kings Tobacco International), basé à Plovdiv en Bulgarie et y disposant d’une usine très moderne ; Poeschl Tobacco France en assure la promotion dans le réseau, le produit étant livré par Logista.

•• Le produit : deux versions, rouge et bleu, goût américain. Le mélange comprendra notamment du tabac venant de France.

•• Le produit apparait sur la liste actuelle d’homologation des prix au tarif de 6,60 euros.

•• Lancement : d’ici la fin de l’année.

16 Déc 2016 | L'Info
 

LE COMMUNIQUÉ DE LOGISTA (16 décembre)

Logista vient de publier un communiqué sur les 30 ans de la DRD de Lognes. Nous le reproduisons intégralement.

« La DRD de Paris-Lognes a vu le jour le 8 juillet 1986. Elle s’étendait sur 12 000 mètres carrés et livrait le grand est parisien, ce qui représentait à l’époque 8% du marché national. Les réceptions s’effectuaient par voies ferrées jusqu’en 2007 et depuis en 2008, c’est sur 19 000 mètres carrés que la DRD s’étend, notamment grâce à l’expansion du site et de sa cave à cigares. Cette dernière devient d’ailleurs l’une des plus grandes caves à cigares d’Europe. Aujourd’hui, la DRD livre 35 % du marché national.

« Pour lui rendre hommage, la direction de Logista France a souhaité célébrer les 30 ans de son site qui, depuis le 18 novembre dernier, a approvisionné l’ensemble de sa chaîne de distribution de paquets neutres, en conviant notamment de nombreuses personnalités de la profession.

« Cette journée a été l’occasion pour les visiteurs de découvrir le site et les dessous de la distribution du tabac, notamment depuis l’arrivée des paquets neutres sur les chaînes logistiques. L’introduction du paquet neutre a engendré un changement majeur pour Logista France, qui a redoublé d’efforts au cours de ces dix derniers mois pour améliorer la qualité de la préparation des commandes, comme les contrôles par scanners. Les outils mis en place ont d’ailleurs permis une baisse significative de plus de 75 % des erreurs de préparation ».

 

30 ANS DE LA DRD DE LOGNES : UNE RÉELLE CAPACITÉ À INNOVER AU-DELÀ DES BOULEVERSEMENTS DU MARCHÉ (9 décembre)

Du monde, ce jeudi midi dans le hall d’accueil de la DRD Logista de Lognes qui célébrait ses 30 ans : le personnel mais aussi les invités accueillis par Laurent Bendavid (président de Logista), Pascal Ageron (directeur de Logista) et Éric Szwaicer (directeur du site).

Ainsi, on a pu croiser – lors de la visite préalable du site et au détour d’un stock de paquets neutres – Nicole Bricq (sénatrice PS de Seine-et-Marne et ministre du Commerce extérieur du Gouvernement Ayrault), François Dutreil (ancien président d’Altadis-Distribution), Gérard Bohélay (vice-président de la CGPME) ainsi que des représentants de la Douane et des fabricants ou des journalistes.

Côté buralistes, Bernard Gasq (président de la fédération Ile-de-France), Alain Sauvage (président de la fédération Est), Norbert Chary (président de la fédération Alsace-Lorraine), François Guilbert (administrateur de la Confédération) étaient accompagnés d’une bonne dizaine de collègues.

•• Éric Szwaicer a rappelé qu’en 1986, le bâtiment tout neuf avait été gratifié d’un prix d’architecture contemporaine avant de subir plusieurs transformations internes permettant à l’ancienne DRD de Paris-Est de devenir la toute première DRD de France (voir Lmdt du 7 décembre). Avec des chiffres actualisés à l’appui : 8 200 buralistes livrés ; 3,5 millions de paquets traités tous les jours ; 38 tournées quotidiennes ; 135 collaborateurs.

•• Pascal Ageron a placé son intervention dans le contexte de ces trois dernières années.

 2013 et les baisses de volumes dans le Nord et l’Est, sous les coups de boutoir de la concurrence frontalière : « on a alors investi 2 millions d’euros pour moderniser et adapter nos lignes au rapatriement de l’activité correspondant à ces régions sachant que la DRD a su réagir de façon très rapide ».

 2016 et la transition vers le paquet neutre : « 50 personnes ont travaillé en permanence pendant 10 mois pour revoir les process et adapter de nouveaux systèmes de contrôles » (voir Lmdt des 21 septembre et 20 novembre).

« De sorte à pouvoir assurer des livraisons, autant que faire se peut, sans failles à partir du 21 novembre. C’est un succès à mettre au tribut de l’ensemble des équipes.

« En trois ans de vrais changements, nous avons été capables d’innover en nous insérant dans une nouvelle législation contraignante pour l’ensemble de la filière. Ceci, grâce à l’implication de salariés qui ont su s’ adapter et accompagner ».

 

LA DRD DE LOGNES FÊTE SES 30 ANS DE LOGISTIQUE TABAC ASSURÉE JOUR APRÈS JOUR (7 décembre)

Ce jeudi 8 décembre, la DRD (Direction régionale de Distribution) Logista de Lognes, à l’Est de Paris, fête ses 30 ans.

•• Il s’agit de la plus grosse DRD de France (20 000 mètres carrés de bâtiments). Implantée initialement pour livrer en tabac les débitants franciliens, elle sert désormais 8 300 buralistes clients de l’Ile-de-France, du Nord et de l’Est.

•• C’est-à-dire, une moyenne quotidienne de 36 tournées à approvisionner et organiser. Autant dire que ses équipes ont connu bien des adaptations : de la croissance des volumes à traiter jusqu’à la montée en puissance des pots de tabac à rouler (moins faciles à opérer que les cartouches de cigarettes) en passant par une optimisation permanente des schémas et itinéraires de livraisons. En intégrant notamment les contraintes de sécurité.

Et, tout dernièrement, la transition vers le paquet neutre qui a amené la DRD à adopter tout un système de scannage tant à l’atelier de préparation manuelle que sur les lignes automatiques (voir Lmdt des 21 septembre et 20 novembre).

•• Pour se rendre compte de l’importance de l’enjeu technique, il faut imaginer que 400 000 cartouches de cigarettes sont expédiées quotidiennement de Lognes.

Soit 71 tonnes de tabac (33 % du volume total livré en France).

Soit 14 millions d’euros de taxes collectés par jour.

•• Le site emploie 150 salariés travaillant sous la responsabilité de Éric Szwaicer, le directeur de la DRD. Un centre de réapprovisionnement est implanté sur place. Sachant que la DRD en gère 7 autres sur sa zone de distribution.

12 Déc 2016 | L'Info
 

CONDAMNATION DE LUC FOURNIÉ : « LES DÉS ÉTAIENT PIPÉS », MAÎTRES CATALA ET BOGUET (12 décembre)

Dans une interview dans La Dépêche du Midi, les avocats de Luc Fournié (maîtres Georges Catala et Laurent Boguet) reviennent sur ce qu’ils évaluent comme un procès « vicié et inéquitable ». Extraits. 

•• « N’importe quel citoyen aurait été bafoué dans ses droits. Aujourd’hui, on peut prendre 10 ans alors que l’accusation déclare au sujet de notre client, qu’il est un honnête homme… Autrement dit, l’honnête homme qui a voulu se défendre est considéré comme un meurtrier. 

•• « On ne peut pas imaginer la conduite d’un tel procès sans que l’on puisse voir la personne qui a agressé Luc Fournié. Car c’est quand même cette personne qui s’est rendue par effraction chez notre client. La moindre des exigences aurait été que l’on soit en présence de l’agresseur, Ugo Bernardon.
Or, au second jour du procès, on apprend que l’agresseur, témoin numéro 1, est en villégiature en Nouvelle-Zélande. Comment le parquet général, qui a le souci et l’obligation de citer des témoins, ne s’est pas soucié de savoir si cet homme était disponible le jour du procès ? Il n’était pas là. Le procès pouvait-il continuer de façon équitable ? Peut-on juger le comportement d’un agressé sans connaître le comportement de l’agresseur ?

•• « On assiste à une politique du parquet général en zigzag. En première instance, on dit à notre client, « vous êtes dans vos droits » et la veille du procès en appel, on apprend par un coup de fil tardif qu’un nouvel avocat général vient d’être désigné pour reprendre le dossier. Et comme par hasard, notre client est désigné comme meurtrier. Cela pose un problème à la fois juridique et de société.
Le parquet général nous a fait savoir, la veille de l’audience, que sa vision du dossier avait changé. Il soutiendrait désormais l’accusation, ne retenant pas la légitime défense.

•• « En réalité, les dés étaient pipés. Il ne nous appartient pas de commenter une décision de justice, dont l’alchimie (près de 6 heures de délibéré) nous échappe. Mais il est de notre devoir de dénoncer le fait que ce verdict est le résultat d’un procès parfaitement inéquitable. Car les thèses antagonistes de légitime défense ou d’autodéfense ne pouvaient être complètement débattues en l’absence du participant   principal ».

 

L’AFP REVIENT SUR LA CONDAMNATION DU BURALISTE DE LAVAUR (10 décembre)

Au lendemain de la condamnation à dix ans de prison d’un buraliste du Tarn (voir ci-dessous), la défense a annoncé, ce samedi 10 décembre, à l’AFP sa décision de se pourvoir en cassation pour « porter le débat au niveau des plus hautes instances judiciaires » après un procès qu’elle juge « inéquitable ».

L’accusé, qui comparaissait libre, a semblé assommé par le verdict.

« Il ne nous appartient pas de commenter une décision de justice, dont l’alchimie (plus de cinq heures de délibéré) nous échappe », affirment dans un communiqué Me Laurent Boguet et Me Georges Catala qui défendaient Luc Fournié.

« En revanche, notre devoir le plus impérieux consiste à dénoncer le fait que ce verdict est le résultat d’un procès parfaitement inéquitable », assurent-ils.

Au deuxième jour du procès, la défense avait demandé le renvoi du fait de l’absence d’Ugo, le second adolescent qui s’était introduit par effraction dans le bar-tabac de M. Fournié. Le jeune homme, actuellement en Nouvelle-Zélande, avait été entendu en première instance.

La cour avait rejeté cette demande de renvoi, en précisant cependant qu’elle ne « tiendrait aucun compte des déclarations de Ugo qui pourraient être défavorables à l’accusé, sauf confirmées » par ce dernier.

« Comment, dans ces conditions, parler d’un procès équitable et respectueux de tous les droits puisque les thèses antagonistes de légitime défense ou d’autodéfense ne pouvaient être complètement débattues en l’absence du participant principal ? », selon Me Boguet et Catala.

La défense dispose de cinq jours à compter du verdict pour se pourvoir en cassation. Elle avait immédiatement indiqué son intention à l’énoncé du verdict et l’a confirmé samedi.

 

CONDAMNATION DU BURALISTE DE LAVAUR : « UN SENTIMENT D’INJUSTICE ET D’INCOMPRÉHENSION », MAÎTRE CATALA (10 décembre)

Lourde ambiance, hier soir, au Palais de Justice de Toulouse.

Luc Fournié, 59 ans – sans aucun antécédent judiciaire au moment des faits (sinon il n’aurait pu être buraliste) – déjà condamné en première instance à 7 ans pour le meurtre d’un cambrioleur en pleine nuit (voir ci-dessous) est reparti en prison. Avec une condamnation alourdie de 10 ans.

• Aux journalistes, Maître George Catala a déclaré : « j’éprouve une profonde indignation. Un sentiment d’injustice et d’incompréhension. Je ne peux pas imaginer qu’un homme qui se trouve chez lui, qui ne demande rien à personne, à deux heures du matin, et quelle que soit la maladresse de sa défense … puisse être considéré comme un criminel.

« Et puis, où est la cohérence ? Dans un premier temps, Luc Fournié tombe sur un avocat général qui reconnaît la légitime défense. Puis, un autre avocat général ne lui reconnaît plus la légitime défense mais estime qu’étant donnée sa situation il ne doit pas aller en prison. Et maintenant, cette condamnation … ».

• Pour sa part, Jean-Michel Quintin (président des buralistes du Tarn et administrateur de la Confédération) exprimait sa colère : « Luc Fournié, cette nuit-là, ne demandait rien à personne. On est bien venu le cambrioler ! Tous les buralistes du Tarn, ses collègues, les buralistes de Midi-Pyrénées, les buralistes de France sont indignés ».

Le comité de soutien à Luc Fournié envisage une manifestation à Lavaur.

• Les avocats de Luc Fournié ont annoncé un pourvoi en cassation.

 

LOURDE PEINE POUR LE BURALISTE DE LAVAUR : 10 ANS DE PRISON (10 décembre)

Luc Fournié, le buraliste du Tarn qui avait tué un jeune cambrioleur a été condamné, ce vendredi 9 décembre, en appel à Toulouse à 10 ans de prison, soit trois ans de plus qu’en première instance, par la cour d’assises de Haute-Garonne qui a exclu la thèse de la légitime défense. 

L’avocat général avait écarté la légitime défense et requis « cinq ans d’emprisonnement, en n’excluant pas l’octroi du sursis simple pour une partie, voire pour la totalité de la peine ». Il avait demandé aux jurés de retenir une peine « proportionnée, juste, équitable et socialement utile » (voir Lmdt ci-dessous).

« C’est la chronique d’une mort annoncée, tous les indicateurs étaient au rouge pour que cette affaire se termine par un drame et c’est précisément ce qui est arrivé », avait souligné dans ses réquisitions Jean-Marc Chazottes.

Quatre jours avant les faits, l’accusé avait découvert que des barreaux d’une fenêtre de son café avaient été sciés. Il était alors allé chercher le fusil de son père, des cartouches et avait installé un système d’alarme de fortune, après avoir alerté les gendarmes. Il avait aussi décidé de dormir au rez-de-chaussée et de « faire des rondes ».

L’avocat général a longuement questionné les décisions de M. Fournié : le fait que les barreaux n’aient pas été réparés, qu’il n’ait pas remis en marche son « alarme volumétrique », posé un verrou, puis le soir-même allumé la lumière ou appelé les gendarmes. « On ne peut pas évoquer la légitime défense préventive », a estimé le magistrat.

 

BURALISTE DE LAVAUR : L’AVOCAT GÉNÉRAL REQUIERT CINQ ANS (9 décembre)

Les parties civiles ont mis en garde, ce vendredi 9 décembre, à Toulouse contre la « défiguration » de la légitime défense et plaidé « contre l’autodéfense », au troisième jour du procès en appel d’un buraliste pour le meurtre d’un jeune cambrioleur en 2009.

« Nous ne plaidons pas contre Luc Fournié, nous plaidons pour une cause et contre sa déformation, sa défiguration », a lancé Me Simon Cohen, avocat des parties civiles, à la Cour d’assises de Haute-Garonne.

« Nous plaidons pour que la légitime défense soit consacrée telle qu’elle est instituée, pour qu’elle ne dégénère pas. Nous plaidons contre l’autodéfense, parce que nous considérons que c’est à la fois une régression et un danger », a déclaré le pénaliste.

« On est très loin d’une situation de légitime défense », a abondé Me Patrick Maisonneuve, autre avocat des parties civiles.

« Il y a eu une véritable anticipation de la part de M. Fournié, il y avait eu une décision qui avait été prise, qui consistait à dire : « la justice, c’est moi qui vais la rendre », (…) « c’est moi qui serai le juge mais également le bourreau de celui qui sera rentré ».

Plus tôt, vendredi matin, la cour avait rejeté la demande de renvoi du procès, formulée la veille par la défense. Me Georges Catala avait souligné l’absence d’Ugo, le second cambrioleur, « un témoin essentiel pour ne pas dire capital », qui se trouve actuellement en Nouvelle-Zélande.

Pour sa part, l’avocat général a exclu la légitime défense et a requis cinq ans éventuellement assorti de sursis. « On ne peut pas évoquer la légitime défense préventive », a-t-il conclu, rapporte l’AFP.

 

BURALISTE DE LAVAUR : LE DÉROULEMENT DE LA DEUXIÈME JOURNÉE (8 décembre)

La Cour d’Assises a retracé, ce jeudi 8 décembre, les jours qui ont précédé le meurtre du jeune cambrioleur, selon une dépêche AFP (voir ci-dessous). 

Quatre jours avant le drame, Luc Fournié, 58 ans, avait découvert que les barreaux de l’une des fenêtres de son bar-tabac de Lavaur (Tarn) avaient été sciés. Dès lors, la peur a enflé dans la petite famille qui vivait au-dessus de l’établissement, a raconté le buraliste qui comparaît en appel pour avoir tué un lycéen de 17 ans, Jonathan, qui était venu cambrioler son bar-tabac aux côtés d’Ugo, mineur lui aussi.

« Quelques mois auparavant, nous avions eu dans le bar la visite de gens un peu suspects », détaille M. Fournié, les mains serrées autour de la barre. Quand il a constaté que les barreaux avaient été sciés, « de suite, j’ai pensé à ce type de personnes », ajoute-t-il. Il appelle alors les gendarmes qui lui disent « on met votre établissement sous surveillance », résume-t-il, assurant que ces derniers lui avaient demandé de ne « toucher à rien » dans le but de surprendre un « flagrant délit », des propos nuancés la veille par les gendarmes eux-mêmes.

Au cours de ces quatre jours, M. Fournié était allé chercher le fusil de son père, des cartouches, et avait installé un système d’alarme de fortune : un fil de pêche tendu entre deux chaises. Il avait aussi décidé de dormir au rez-de-chaussée et « fait des rondes ».

« Les gendarmes nous ont dit hier soir (mercredi) que, matériellement, c’était impossible de mobiliser des gendarmes toutes les nuits », rappelle le président, Michel Huyette, qui a distribué au jury les articles du code pénal relatifs à la légitime défense.

« Vous avez un choix. Si vous scellez les barreaux, en 30 minutes, ça fait disparaître votre peur », souligne le président, qui demandera : « Pourquoi choisissez-vous de rester volontairement dans la peur ? ». « Je fais confiance à la gendarmerie », répète en écho M. Fournié. Ressouder les barreaux, « c’est ce que j’aurais dû faire, sincèrement », reconnaît-il.

« Vous avez parlé de votre fusil comme d’une « sécurité supplémentaire ». Quelles sont les autres ? », interroge à son tour Me Simon Cohen, avocat des parties civiles. « La gendarmerie », répète l’accusé. « Je parle des sécurités internes. En réalité, c’est la seule ! » lance-t-il, soulignant que l’alarme électronique de l’établissement, qui ne fonctionnait pas, n’avait pas été réparée.

« C’est vrai que ça interroge qu’un citoyen puisse écouter le gendarme ! » a répliqué Me Laurent Boguet, avocat de la défense. « On n’est pas porte béante, la grille était encore solide », ajoute-t-il, demandant à son client ce qu’il avait « imaginé » en se munissant d’une arme.

« On imagine le pire », a murmuré, ému, l’accusé. « Ça va très vite, et vous êtes emporté dans un monde différent, une échelle différente, des proportions qui ne sont peut-être pas réelles, suggérées par la peur ».

À la mi-journée, la défense soulève l’absence d’un témoin-clé, Ugo, le second cambrioleur mineur, entendu en première instance. « Ce procès ne peut pas continuer en l’absence de ce garçon », avait tonné Me Georges Catala, avocat de la défense, demandant le renvoi du procès s’il ne comparaissait pas.

À la barre, des proches de la famille de Jonathan, la victime, décrivent un « gamin vivant, pétillant, créatif », qui « n’était pas un délinquant » » et a « fait une grosse bêtise ». « Je n’ai pas cherché à en faire un ange, c’était un ado dans toute sa splendeur, qui était attiré par les interdits, la prise de risques », estime une amie de la famille.

Le jeune homme avait été embarqué dans l’équipée du cambriolage la veille du drame par son ami, qui avait scié les barreaux lui-même. Un autre ami de la famille s’avance, grand, en costume sombre, la voix posée, parfois vibrante. « Il a fauté, personne ne remet en cause cela. Il a fait une grosse bêtise, mais ce qui est dramatique c’est que la sanction de cette bêtise a été complètement disproportionnée. C’est ce qui nous bouleverse encore 7 ans après », rapporte l’AFP.

 

BURALISTE DE LAVAUR : LA DÉFENSE FAIT UNE DEMANDE DE RENVOI (8 décembre)

La défense d’un buraliste du Tarn, rejugé en appel à Toulouse pour le meurtre d’un jeune cambrioleur en 2009 (voir ci-dessous), a demandé, ce jeudi 8 décembre, à la cour d’assises, le renvoi du procès du fait de l’absence d’un témoin-clé.

Le second mineur qui s’était introduit par effraction dans le bar-tabac de Luc Fournié, le soir des faits, devait être entendu jeudi après-midi, mais restait introuvable à la mi-journée. L’audience a été suspendue jusqu’à 14 heures.

« Nous déposons des écritures afin de demander à votre cour d’employer tous les moyens pour contourner la difficulté de l’absence d’Ugo », a déclaré à la mi-journée, Me Laurent Boguet, l’un des avocats de la défense.

« La présence d’Ugo est nécessaire », a poursuivi l’avocat selon lequel le garçon se trouverait « à l’autre bout du monde ». « Il est l’instigateur de ce qui s’est joué. Son absence n’embarrasse pas seulement la défense mais elle perturbe sa stratégie », a-t-il ajouté. « La défense demande de faire renvoyer le procès à une date ultérieure », a-t-il conclu.

« C’est une affaire délicate », a souligné peu après Me Georges Catala, autre avocat de la défense. « Ce procès ne peut pas continuer en l’absence de ce garçon ».

Me Simon Cohen, pour les parties civiles, a indiqué qu’il « regrettait » l’absence du jeune homme et évoqué la possibilité « d’employer des moyens techniques » pour organiser une « visioconférence ». « Même si c’est regrettable, son absence n’est pas de nature à nuire à la manifestation de la vérité », a-t-il cependant jugé.

L’avocat général a lui aussi « regretté » l’absence du jeune homme et souligné la possibilité « d’essayer de le contacter », mais sans reprendre à son compte la demande de renvoi de l’affaire.

Le président a indiqué que la cour allait « procéder à sa localisation » et « émettre un mandat d’amener », avant de suspendre l’audience.

 

BURALISTE DE LAVAUR : LE DÉROULEMENT DE LA PREMIÈRE JOURNÉE DU PROCÈS (8 décembre)

« Je n’ai jamais voulu tuer personne » : le patron d’un bar-tabac du Tarn, condamné à sept ans de prison pour le meurtre d’un cambrioleur de 17 ans une nuit de décembre 2009, a plaidé la légitime défense, ce mercredi, au premier jour de son procès en appel à Toulouse (voir ci-dessous), tel que relaté dans une dépêche AFP de ce 8 décembre.

« J’ai fait appel parce que j’estime que je ne suis pas un meurtrier, je n’ai jamais voulu tuer personne », a assuré Luc Fournié, 59 ans, qui comparaît libre jusqu’à vendredi entre les hauts murs ouvragés de la cour d’assises de Toulouse.

« Est-ce que je regrette ? Bien sûr que je regrette tout depuis le début, mais c’est trop tard », a-t-il ajouté, des propos qualifiés de revirement par les parties civiles.

Les mains jointes, portant un pull gris et des lunettes fines, M. Fournié a calmement écouté les témoins qui ont défilé à la barre, les débats gravitant de près ou de loin autour de la légitime défense, plaidée par l’accusé.

Psychologues et psychiatres ont dépeint un homme à la « biographie banale » qui a « construit son identité autour de sa famille ». Celui qui a répété en première instance avoir voulu « défendre sa famille » le soir du drame avait monté une entreprise de torréfaction familiale dans le Lot avant de reprendre l’établissement de Lavaur en 2003 en cogérance avec sa sœur.

« Il avait une seule hypothèse en tête : une agression de gens armés de l’Est, qui se serait mal passée pour lui. Ce qu’on peut lui reprocher c’est de ne pas avoir imaginé autre chose », a souligné l’une des expertes-psychologues.

Alors que des proches de l’accusé ont loué à la barre son « calme » et ont défendu un « brave homme » au « caractère exemplaire » qui a voulu « défendre sa famille », d’anciens « piliers » de son établissement ont regretté qu’il n’ait pas ressoudé les barreaux ou simplement « laissé la lumière allumée ».

Certains ont aussi rapporté des fanfaronnades, avant les faits, de la part de l’accusé qui les a vivement contestées. « J’ai vu M. Fournié brandir un fusil et lancer : « ils peuvent venir ». Ça me paraît impensable », a déclaré un témoin se présentant comme un « meuble » du bar-tabac. Il a cependant hésité au moment d’identifier le fusil utilisé le soir du drame. « C’est un gamin qui est resté sur le carreau, et tous en tant qu’adulte, on pouvait largement l’éviter. Je pense qu’il n’en a pas parlé aux bonnes personnes », a-t-il jugé.

 

DÉBUT DU NOUVEAU PROCÈS DU BURALISTE DE LAVAUR (7 décembre)

« Je ne suis pas un meurtrier, je n’ai jamais voulu tuer personne »: le patron d’un bar-tabac du Tarn, condamné à sept ans de prison pour le meurtre d’un jeune cambrioleur une nuit de décembre 2009, s’est défendu, ce mercredi 7 décembre, au premier jour de son procès en appel (voir ci-dessous).

L’accusé qui comparait libre est arrivé peu avant 9 heures au palais de justice de Toulouse aux côtés de sa famille et de son comité de soutien, selon l’AFP.

Pull gris, lunettes fines et cheveux blancs, Luc Fournié s’est présenté calmement à la demande du président, entre les hauts murs ouvragés de la cour d’assises.

Au moment de la lecture de l’acte d’accusation, il a gardé la tête baissée et les mains jointes, alors que l’émotion parcourait les bancs où étaient installés la famille du jeune défunt, toujours selon l’AFP.

« J’ai fait appel parce que j’estime que je ne suis pas un meurtrier, je n’ai jamais voulu tuer personne. C’est tout ce que j’ai à dire », a simplement déclaré l’accusé.

 

PROCÈS DU BURALISTE DE LAVAUR (5 décembre)

Un buraliste du Tarn, condamné à sept ans de prison pour le meurtre d’un jeune cambrioleur une nuit de décembre 2009, est rejugé en appel à Toulouse à partir de mercredi, avec au cœur des débats la question de la légitime défense, reprend une dépêche AFP de ce lundi 5 décembre (voir Lmdt des 20 août et 27 mai).

Le 14 décembre 2009 vers 2h30 du matin, Luc Fournié (à droite sur le photo), aujourd’hui âgé de 59 ans, avait tué d’un coup de fusil de chasse un lycéen de 17 ans, qui s’était introduit par effraction dans son bureau de tabac de Lavaur (Tarn) avec un autre adolescent (voir Lmdt du 29 mars 2015).

• Quatre jours auparavant, il avait constaté que les barreaux d’une fenêtre de son bar-tabac, situé dans cette ville de 10.000 habitants à environ 30 kilomètres de Toulouse, avaient été sciés, et s’en était ouvert aux gendarmes. Il avait alors mis en place un système d’alerte de fortune en tendant un fil de pêche entre des chaises. M. Fournié, qui vivait dans un logement au-dessus de son commerce en compagnie de sa mère, sa sœur, et son neveu, avait aussi décidé depuis lors de dormir au rez-de-chaussée, sur un lit de camp.

• La nuit du drame, pris de panique dans l’obscurité selon sa défense, il s’était emparé de son fusil chargé et avait ouvert le feu sur les cambrioleurs. Touché au ventre, Jonathan Lavignasse s’était effondré. Son ami Ugo Bernardon avait pris la fuite, le buraliste avait tiré dans sa direction, sans l’atteindre. M. Fournié avait ensuite allumé la lumière et appelé les gendarmes et les secours.

• Début avril 2015, la cour d’assises du Tarn l’avait condamné à 7 ans d’emprisonnement pour meurtre et blessure, jugeant sa riposte « disproportionnée » et rejetant la qualification de légitime défense demandée par l’avocat général qui avait requis l’acquittement. L’accusé avait fait appel.

• Au cours des trois jours de procès, qui s’ouvrent mercredi à 9 heures, M. Fournié comparaîtra libre devant la cour d’assises de Toulouse : il avait été remis en liberté sans contrôle judiciaire un mois après sa condamnation en première instance.

 « Cet homme se trouvait chez lui, à 2 heures du matin, quand sont apparus des gens qui, d’une façon incontestable dans la nuit, représentaient un danger, puisqu’ils se sont introduits par effraction dans un domicile », estime auprès de l’AFP Me Georges Catala, conseil de l’accusé (à gauche sur la photo).

« Il a pris peur, il a tiré : ça s’appelle la légitime défense, c’est écrit dans toutes les tables de la loi », assure l’avocat, qui qualifie d’« inique » la décision de première instance. « Que le coup de feu ait terrassé un gamin de 17 ans et demi, c’est tout à fait évident qu’on ne peut que le regretter. Fournié en est crucifié », ajoute-t-il.

 Au contraire, pour Me Patrick Maisonneuve, « la famille, les parties civiles, souhaitent voir reconnaître la culpabilité de celui qui a tiré et tué Jonathan ». « On n’est pas dans une situation où, surpris dans son sommeil, il réagit. Il avait mis en place un système pour le bruit, il est sorti de son arrière-cuisine et il a tiré immédiatement sur Jonathan, avant de l’enjamber et de tirer une deuxième fois », ajoute le pénaliste.

 « Est-ce que cet homme était en état de légitime défense ? Pour moi, la réponse est non », estime aussi Me Simon Cohen, avocat des parties civiles. « Est-ce qu’il avait droit de pratiquer l’autodéfense ? La réponse est non aussi. Ce n’est ni une liberté, ni même une licence, c’est un crime », déclare-t-il.

Le verdict est attendu vendredi soir.