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27 Juin 2018 | Profession
 

Le maire de Laàs et conseiller départemental, Jacques Pédehontaà – que l’on dit proche de Francois Bayrou – souhaite lancer, à titre expérimental pendant trois ans, la culture du cannabis (à usage thérapeutique et récréatif) sur 10 à 20 hectares de champs. Ceci dans une zone spécifique : le Territoire du Béarn des Gaves (53 communes des Pyrénées-Atlantiques).

Lors d’une réunion, lundi 26 juin, reprise par les médias locaux (notamment France Bleu), il a détaillé sa proposition pour « préserver les services de proximité et améliorer le revenu des exploitations agricoles » : aux paysans locaux, la culture et la transformation ; aux pharmaciens, la vente du cannabis thérapeutique ; aux buralistes, la vente du cannabis récréatif. Tout cela sous le contrôle des autorités.

Une demande a été envoyé à Emmanuel Macron.

•• De quoi doper l’économie locale pour Jacques Pédéhontaa : « nous, ce qu’on propose au président de la République, c’est de lui dire qu’on est prêt à maîtriser toute la filière et faire une expérimentation dans l’attente de la légalisation. Vous pourrez contrôler, mesurer l’efficience du dispositif et de l’expérimentation. Il y a un enjeu majeur en termes de fiscalité pour l’État à s’emparer de ce débat et à l’encadrer. Parce que ce sont des milliards … d’une économie qui est aujourd’hui souterraine en France.

« Cette économie permettrait aux agriculteurs de mieux vivre, aux buralistes de mieux vivre, aux pharmaciens de mieux vivre, et surtout, l’argent perçu par l’État pourrait être réorienté vers l’école et la prévention, l’agriculture ou encore les EHPAD, le monde médical et la « silver économie ». Il y a là une possibilité importante de réorienter et de redresser les choses ».

•• Contrairement à la communauté d’agglomération du Grand Guéret (Creuse), qui s’est positionnée en faveur de la culture du cannabis à usage thérapeutique (voir Lmdt du 4 juin), l’édile béarnais mise aussi sur l’usage dit « récréatif » qui serait vendu chez les buralistes.

•• Jérôme Récapet (président de la chambre syndicale des buralistes de Béarn et Soule) est prêt à jouer le jeu : « aujourd’hui, il y a de moins en moins de fumeurs. On sait très bien qu’il va falloir faire d’autres choses, être dynamiques, être de vrais commerçants et non plus seulement des débitants de tabac.

« Alors pourquoi pas le cannabis ? C’est très avancé de vous dire ça, mais participer au projet, se poser les bonnes questions …oui. Après on verra ce qui peut être fait ».

•• Le maire de Laàs assure avoir obtenu l’accord d’une vingtaine d’agriculteurs, prêts à cultiver et à transformer le cannabis.

Jean-Marc Maisonnave, responsable de la FDSEA sur le canton de Sauveterre-de-Béarn et producteur de kiwis, est partant mais avec quelques réserves : « on veut essayer de développer notre agriculture, mais franchement j’aurais préféré que ça reste thérapeutique parce que fumer du cannabis, ce n’est pas bon pour la santé, ce n’est pas bon pour nos jeunes. Mais ça se développe dans tous les pays, nous avons déjà fait de la culture de chanvre, qui était très encadrée ».

En l’attente d’une réponse d’Emmanuel Macron, Jacques Pédéhontaa a prévu de transmettre son courrier aux parlementaires du département pour appuyer sa demande.