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28 Nov 2018 | Observatoire
 

En 2017, près d’un adulte de 18 ans à 64 ans sur dix (11 %) et un adulte de 18 ans à 25 ans sur quatre (26,9 %) a fumé du cannabis « au moins une fois dans l’année », selon les données du « Baromètre santé 2017 sur les usages de substances psychoactives illicites en France », publié ce lundi 26 novembre.

Trois jours après l’adoption par l’Assemblée nationale d’une amende forfaitaire de 200 euros pour sanctionner l’usage illicite de stupéfiants (voir Lmdt du 24 novembre).

Les chiffres 2017 « s’avèrent être les plus élevés depuis vingt-cinq ans », soulignent dans un communiqué Santé Publique France (SPF) et l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), les deux organismes chargés de cette étude. Pour comparaison, en 1992, seuls 4,4 % des Français adultes déclaraient consommer du cannabis au moins une fois dans l’année.

•• Au quotidien, l’enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de plus de 20 000 personnes âgées de 18 ans à 64 ans, révèle que c’est désormais 2,2 % de la population adulte qui consomme du cannabis chaque jour, contre 1,7 % trois ans plus tôt.

Signe de la banalisation de ce produit pourtant illicite : si un Français sur huit (12,7 %) avait tiré sur un joint au moins une fois dans sa vie en 1992, cette proportion est passée à un sur quatre (23,6 %) en 2000 et à près d’un sur deux (44,8 %) en 2017.

•• Le baromètre montre par ailleurs l’émergence d’un phénomène nouveau : le développement d’une consommation régulière active chez les plus de 25 ans. En 2000, 2,2 % des 26 ans-34 ans et 0,9 % des 35 ans-44 ans fumaient au moins dix fois dans le mois.

Dix-sept ans plus tard, ces pourcentages ont pratiquement été multipliés par trois : ils sont respectivement 6,3 % et 3,3 % de ces classes d’âge à consommer à une telle fréquence. Cela « laisse supposer que l’usage de cannabis ne serait plus l’apanage exclusif des jeunes générations et persisterait après l’entrée dans la vie professionnelle », souligne l’étude.

« Les jeunes générations des années 1990 vieillissent », résume Stanislas Spilka, le responsable des enquêtes et analyses statistiques à l’OFDT. « Parmi les jeunes adultes qui arrivent, un sur deux a consommé du cannabis. Certains continuent au-delà de 25-30 ans. »

•• Autre enseignement du baromètre 2017 : près des deux tiers des usagers déclarent avoir eu recours au marché noir pour s’approvisionner.

Parallèlement, 7 % des usagers disent pratiquer l’autoculture, un mode d’approvisionnement plus présent chez les 35 ans-64 ans que chez les 18 ans-34 ans. « Cette caractéristique illustrerait la moindre propension de ces générations plus âgées à recourir au deal de rue ou à des réseaux de consommateurs-revendeurs et une évolution du cadre de vie (logement indépendant, plus grand…) qui faciliterait l’autoculture », souligne l’OFDT.