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21 Juin 2019 | Observatoire
 

Sous forme de gélules, d’huile ou de fleurs séchées, le cannabis à visée thérapeutique (à ne pas confondre avec le cannabis récréatif dont on parle beaucoup aussi en ce moment / voir Lmdt des 18 et 19 juin) devrait être proposé en pharmacie, dès 2020. 

L’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a dévoilé, ce 19 juin, les conditions de sa délivrance : laquelle se fera dans un premier temps à titre expérimental, sous réserve d’une validation par le ministère de la Santé (voir aussi Lmdt des 4 juin et 18 mai).

•• Cinq indications ont été retenues par le Comité spécialisé scientifique temporaire (CSST) qui réfléchit, au sein de l’agence, à ce sujet :

• douleurs neuropathiques
• certaines formes d’épilepsie sévère
• soins de support en cancérologie
• soins palliatifs et spasticité (contraction) douloureuse de la sclérose en plaques ou des autres pathologies du système nerveux central.

Plusieurs dizaines de milliers de malades pourraient, à terme, être concernés.

•• L’expérimentation, d’une durée de deux ans, aura pour objectif de vérifier la pertinence du cadre proposé. Le protocole qui sera présenté aux sociétés savantes et associations, le 26 juin prochain, prévoit une mise à disposition très encadrée.

Le cannabis sera prescrit sur ordonnance sécurisée par des médecins volontaires, spécialistes des pathologies concernées et exerçant dans des centres de référence pluridisciplinaires. Ils recevront une formation à distance avant de pouvoir proposer la substance, qui aura le statut de médicament sans passer par la procédure contraignante de l’autorisation de mise sur le marché.

•• Ce cannabis sera proposé sous plusieurs formes :

• L’huile et les fleurs séchées à inhaler, ce qui entraîne une absorption rapide, ont l’avantage de répondre à des situations de crise, comme une douleur aiguë.

• Les capsules d’huile et solutions buvables ont, elles, un effet prolongé dans le temps.

•• À l’issue des trois auditions menées depuis janvier, les experts ont retenu cinq combinaisons des deux principes actifs les plus étudiés – le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD) – dans des proportions adaptées à chaque pathologie. La majorité des autres composés de la plante (elle contient plus de 70 cannabinoïdes) seront aussi présents dans les préparations.

•• Un registre national électronique sera mis en place par l’ANSM afin de suivre les patients. Les médecins prescripteurs auront obligation de le remplir. Il permettra d’évaluer l’amélioration apportée aux malades et de recenser les effets indésirables.

•• L’expérimentation sera accompagnée d’une campagne d’information du grand public et des médecins.

Nul ne sait pour l’instant si ces derniers se montreront intéressés par la prescription du cannabis. L’expérimentation, d’un coût de plusieurs millions d’euros (sans plus de précision, ndlr) devrait être financée par le ministère de la Santé.