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22 Août 2019 | Observatoire
 

Légalisation du cannabis à usage médical en Allemagne depuis 2017 ; phase de test en cours au Danemark ; feu vert des autorités sanitaires françaises (voir Lmdt du 12 juillet) pour ne citer que ces exemples : les marchés européen du cannabis thérapeutique et … du bien-être devient attractif (ndlr : on ne parle pas ici de cannabis récréatif). 

Dans Le Figaro (19 août), la start-up, basée à Londres, Emmac affiche son ambition d’y concurrencer les mastodontes nord-américains. À cette occasion, on apprend des choses …

•• « Il n’y a pas de leader européen sur le marché du cannabis » assure Antonio Costanzo, Franco-italien cofondateur et PDG d’Emmac : « il y a des leaders mondiaux mais l’Europe reste encore à conquérir ».

En effet, avec 6 millions de patients potentiels et 90 millions de consommateurs réguliers, les retombées de ce marché européen sont évaluées à 35 milliards d’euros, d’ici à 5 ans, par la Banque de Montréal.

•• Si bien que l’Europe attire aujourd’hui les gros producteurs canadiens et américains. Exemples :

le canadien Canopy Growth (voir Lmdt des 16 juin et 27 juillet) qui se présente comme numéro un mondial du cannabis, a racheté en mai l’allemand C3, producteur et distributeur de médicaments à base de cannabinoïdes destinés au marché européen.

Aurora Cannabis, autre géant canadien, a annoncé en décembre que sa filiale européenne avait été désignée comme fournisseur officiel de cannabis médical par le ministère de la Santé du Luxembourg (voir Lmdt du 13 août).

•• Face à de tels concurrents de taille, Emmac espère multiplier par sept son chiffre d’affaires (qu’elle tient secret …) en 2020 en affichant une stratégie paneuropéenne.

« Nous pouvons compter sur notre implantation continentale et notre connaissance précise des réglementations locales pour soutenir notre développement » affirme Antonio Costanzo, « nous avons déjà intégré huit pays européens dans notre chaîne de production et de distribution. »

•• Cette concentration verticale a permis – par ailleurs – à Emmac de se placer sur le marché du « CBD / chanvre bien-être » en rachetant le suisse Blossum. L’entreprise helvète commercialise huiles et thés, à base de CBD, dans les magasins bio et sur Internet.

« La demande de la grande distribution pour commercialiser des produits bien-être à base de cannabis est forte » déclare au Figaro Francois-Xavier Nottin directeur général Emmac France et Benelux. « Des groupes comme Carrefour et Monoprix se sont déjà montrés intéressés. » (sic)

•• Si aucun groupe ne l’assume clairement, cette vague d’investissement sur le Vieux Continent permet aux acteurs de placer leurs pions en vue d’une possible légalisation du cannabis récréatif, poursuit Le Figaro. Si Emmac assure ne pas réfléchir à ce marché pour l’instant illégal, une telle intégration permettrait au groupe d’être aux avant-postes si la législation venait à changer en Europe …