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6 Fév 2021 | Observatoire
 

D’ici à deux mois, une première expérimentation de cannabis médical démarrera en France. L’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) vient de dévoiler la liste des six fournisseurs sélectionnés dans le cadre d’un appel d’offres lancé à l’automne.

Chaque fabricant a remporté un segment du marché, en binôme avec un distributeur basé en France.

•• Au côté des poids lourds canadiens, Aurora (fleurs séchées de cannabis / 22 janvier 2020) et Tilray (huile / 31 décembre 2020) figurent l’israélien Panaxia (gélules) et l’australien Little Green Pharma (huile).

Le britannique Emmac Life Sciences fait partie des distributeurs suppléants retenus par l’ANSM, en partenariat avec Boiron. Le spécialiste français de l’homéopathie s’efforce, en effet, de diversifier son activité depuis le déremboursement de ses produits, intervenu en début d’année relate Le Figaro.

•• Un test grandeur nature, d’une durée de deux ans, devrait permettre à ces fabricants de prendre le pouls du marché.

Si la France est en retard par rapport à des pays comme l’Allemagne, le Portugal ou la Grande-Bretagne, qui ont assoupli récemment leur réglementation, elle représente un marché prometteur qui pourrait atteindre 500 millions de dollars d’ici à quatre ou cinq ans, selon le récent rapport de la mission cannabis (voir 17 septembre 2020) .

Encore naissant, le marché allemand du cannabis médical remboursé a, lui, dépassé l’an passé les 150 millions de dollars. Au total, les revenus générés par le Vieux Continent pourraient passer de 600 millions d’euros l’an passé à 2,2 milliards d’ici à 2024, selon Prohibition Partners, un cabinet de conseil spécialisé.

•• Pour les poids lourds canadiens du cannabis, il s’agit d’un vrai levier de croissance. Et d’une échappatoire … Nombre d’entre eux se retrouvent, en effet, à l’étroit sur leur marché intérieur, avec une production dix fois supérieure aux besoins locaux. Au point de devoir réduire la voilure.

Aurora va fermer un site. Canopy Growth, contrôlé par le brasseur Constellation, a annoncé le mois dernier la fermeture de 5 sites et son troisième plan social de l’année (voir 11mars 2020). Tilray a, lui, choisi de s’allier à son compatriote Aphria pour maximiser les synergies de coûts. Si tous parient sur l’ouverture du marché américain, promise par le candidat Joe Biden, il leur faudra encore attendre.

•• S’il est devancé par Canopy Growth en Allemagne, Tilray entend bien tirer son épingle du jeu en Europe grâce à une stratégie différente : il est l’un des rares à être présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la graine au patient. Il a, en effet, inauguré en 2019 un site de production dernier cri de 4 hectares au Portugal. Au total, il a investi plus de 20 millions d’euros sur le Vieux Continent.

« D’ici à six mois, nous pourrons approvisionner nos sept marchés européens à partir de notre site portugais », explique Sascha Mielcarek, directeur général de Tilray en Europe. « Il nous permettra d’apporter une réponse plus rapide et flexible aux besoins de nos sept marchés ».