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18 Jan 2017 | Observatoire
 

Après les propositions de légalisation du cannabis débattues lors du second débat de la primaire de la gauche (voir Lmdt du 16 janvier), Le Figaro.fr est parti enquêter, à Paris, auprès des principaux concernés. Alors que les pharmaciens sont très nuancés, les buralistes eux seraient plutôt favorables. Exemples.

• Dans un petit bar-tabac du 2ème arrondissement, au décor très « Bob Marley », les responsables attendent avec impatience la légalisation du cannabis : « les gens feraient la queue comme ils font pour un café ou un paquet de cigarettes. Je ne vois que du positif dans une telle mesure. Cela réduirait le trafic dans les cités, et pour nous, on aurait plus de monde ».

• « On nous propose de faire plus de chiffre d’affaires, comment refuser ? », questionne le responsable du Pia Hour, dans le 9ème arrondissement. « Honnêtement, les marchés de la presse et des cigarettes sont en déclin, donc ça nous permettrait de nous diversifier. Puis quand on voit que l’on peut acheter du poppers dans des tabacs, pourquoi pas du cannabis ? C’est rentré dans les mœurs maintenant ».

• « On espère vraiment que ça va se faire », confirme un buraliste du 1er arrondissement. Tout en craignant les conséquences d’une telle mesure : « ce qui me préoccupe, ce sont les dégâts que ça peut faire dans les banlieues, notamment à Paris. Des familles, des immeubles vivent grâce à ça. Si on légalise, j’ai peur que ça explose dans les cités ».

 Retour dans le 2ème arrondissement, où le propriétaire de « La Tabatière » admet que la légalisation lui rapporterait. Mais il s’avoue « inquiet » de la clientèle éventuelle que pourrait amener une telle mesure : « si on a une file de personnes droguées, de délinquants, là ça serait inquiétant. J’imagine que des gens vont vouloir du cannabis mais refuseront de payer, et ça pourrait entraîner des conflits. Après, je pense que les bureaux de tabac sont plus adaptés que les pharmacies puisqu’on vend déjà des cigarettes et les feuilles à rouler ».