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11 Sep 2020 | Observatoire
 

« La prohibition n’est pas une solution » : dans une lettre au premier ministre, dont l’AFP a eu copie jeudi 10 septembre, le maire LR de Reims, Arnaud Robinet (voir 16 mai 2017) demande un « vrai débat » sur le cannabis pour « étudier les conséquences d’une légalisation de (sa) vente », avec des « expérimentations » locales, notamment dans sa ville.

« Cette réflexion, dont l’engagement nécessite un certain courage, pourrait déboucher sur la mise en place d’expérimentations territoriales limitées dans le temps », propose Arnaud Robinet. « Reims pourrait alors candidater », ajoute-t-il dans ce courrier à Jean Castex daté du 8 septembre.

•• « Sur la question de la légalisation, il faut sortir de l’idéologie et être pragmatique », précise l’ancien député auprès de l’AFP.

« La France a l’arsenal répressif le plus strict d’Europe et pourtant, c’est le pays qui compte le plus de consommateurs de cannabis: 11% des Français, trois fois plus qu’il y a 30 ans », argumente-t-il.

•• « L’amende forfaitaire de 200 euros pour consommation de stupéfiants, testée à Reims, est une réponse politicienne de court terme », estime le maire LR, conscient de n’être guère suivi sur cette voie par sa famille politique. « C’est une question générationnelle », tranche-t-il ( voir 8 et 1er septembre 2020 ).

•• La proposition d’Arnaud Robinet a d’ores et déjà rencontré un accueil favorable de l’Association nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA). « Nous sommes prêts à accompagner une expérimentation sur une légalisation encadrée du cannabis que nous demandons depuis 2011 », affirme le docteur Alain Rigaud, président de l’ANPAA de la Marne.

« Ce n’est pas une bonne idée », rétorque Michel Corriaux, secrétaire général Grand Est du syndicat policier Alliance, sollicité par l’AFP. « Cela serait un aveu de faiblesse par rapport aux délinquants », juge-t-il.