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28 Nov 2018 | Observatoire
 

Face au développement du trafic et à la multiplication des plaintes des habitants, Villeurbanne a décidé de lancer, dès le 10 décembre, une concertation citoyenne sur la place du cannabis dans la société et la législation. Une initiative rarissime pour une municipalité.

« Nous connaissons à Villeurbanne, comme dans de nombreuses villes, un développement du trafic de cannabis. Les élus locaux se retrouvent confrontés à des habitants excédés par ce trafic qui se fait au vu et au su de tout le monde et entraîne un sentiment d’insécurité et d’impunité, des problèmes de propreté et des nuisances sonores jusque tard dans la nuit », a indiqué Didier Vullierme, adjoint à la sécurité de Villeurbanne (ville limitrophe de Lyon), ce mardi 27 novembre.

•• La commune – où quelque 60 points de deal sont recensés – a, comme bien d’autres, renforcé les effectifs de la police municipale et développé le système de vidéoprotection. « Mais nous ne faisons que gratter le vernis. Cela ne résout pas la cause de ce problème, à savoir le trafic, qui est une compétence de l’État », explique l’élu, constatant l’échec de la législation en vigueur sur le cannabis.

Un produit parfaitement illicite, en principe, dont la consommation et la répression sont pénalement répréhensibles. Et pourtant, presque un Français sur deux, âgés de 18 à 64 ans, indiquait en 2017 avoir déjà consommé du cannabis (voir Lmdt du 28 novembre).

•• Dès le mois de décembre et pendant deux mois, chacun, Villeurbannais ou non, sera invité à s’exprimer sur ce sujet, à travers une plateforme de contribution Web.

En janvier, deux Facebook Live seront proposés par la municipalité et deux tables rondes réunissant des experts (juristes, sociologues, urbanistes, médecins…) seront organisées à l’Hôtel de ville. « Ce doit être effectivement un débat sans tabou et sans angélisme, où toutes les options pourront être abordées. La poursuite de la prohibition, avec de nouvelles solutions à trouver pour faire respecter la loi, la dépénalisation ou la légalisation », ajoute Didier Vullierme.

•• En mars, une synthèse détaillée du débat citoyen, collectée dans un livre blanc, sera remise au gouvernement et aux parlementaires. « Il était de notre devoir d’alerter pour que le gouvernement sorte de cet état d’hypocrisie sur le cannabis. On voit mal comment, ensuite, l’assemblée nationale pourrait ne pas se saisir de ce débat de société », ajoute l’adjoint à la sécurité.