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24 Juin 2019 | Observatoire
 

Alors qu’un rapport et que des députés prônent la légalisation du cannabis en France (voir Lmdt des 18 et 19 juin), La Dépêche a effectué un reportage sur un point de deal dans le quartier des Izards, à Toulouse, plaque tournante du trafic de drogue. Ici, les petites mains du trafic peuvent gagner plus de 100 euros par jour. Et ne veulent pas entendre parler de légalisation … Extraits.

•• « La légalisation ? Non, nous, on est contre ! » lâche un jeune trafiquant (…) Bien plus que la crainte de voir un chiffre d’affaires en berne en cas de légalisation de l’herbe, les dealers protègent avant tout leurs arrières. Car sur le fond du sujet, c’est bouche cousue : signe d’une réelle tension après les derniers règlements de comptes entre bandes rivales au gros calibre, ces derniers mois (…)

Sur ces points de deal, la question de la réorganisation du trafic en cas de légalisation n’est pas encore intégrée dans le business plan. « Mais ils s’adapteront, comme ils le font déjà sur des messageries Internet à coups d’innovations marketing, de ventes flash et de cartes de fidélité », décrypte un spécialiste du trafic de stupéfiants.

•• À Arnaud-Bernard, quartier du centre-ville et haut lieu de la contrebande organisée, les vendeurs de clopes et de paradis artificiel sont très vite repérés. « Cigarettes, chichon … », lance un vendeur, près d’un bar où tous ses acolytes sont attablés. « Légalisation ? Non … Y a rien à dire … ».

•• À Toulouse, le business de la drogue génère des revenus considérables faisant vivre des familles entières dans les cités dites « en zone de reconquête républicaine » (…) Vecteurs d’une criminalité qui monte en puissance avec des règlements de comptes récurrents et d’une délinquance qui se durcit, ces trafics irriguent toute une économie souterraine.

•• Mais pour ce policier de terrain, « la légalisation du cannabis en France va générer davantage de business puisque les dealers vont proposer leur marchandise à prix cassé comme cela se passe avec la revente illégale des cigarettes de contrebande ».

Le trafic pourrait également se concentrer sur d’autres drogues comme la cocaïne ou l’héroïne. « Tous ces points de deal sont de toute façon beaucoup trop rentables aujourd’hui pour être abandonnés » conclut cet enquêteur.