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20 Juil 2019 | Observatoire
 

Gil Avérous, maire de Châteauroux, a signé un appel à la légalisation du cannabis (voir Lmdt des 23 juin et 16 mai).

Alors que la Creuse et le Cher réfléchissent à la mise en place d’une filière du cannabis thérapeutique (voir Lmdt des 4 juin et 12 juillet), le département de l’Indre semble plus frileux, selon La Nouvelle République.

•• Récemment, deux agriculteurs, à la recherche de nouveaux débouchés, ont démarché l’unique boutique de CBD du département, « Chanvre Berry Détente » installée à Châteauroux.

Comme ce céréalier du sud d’Issoudun qui préfère rester anonyme : « ça fait un mois que je m’y intéresse. Les contrats rémunérateurs vont plutôt aux territoires au nord de la Loire » se désespère-t-il. « Voir que la Creuse se bat, c’est encourageant. Quand la réglementation évoluera, j’essaierai de contacter quelqu’un qui transforme la matière première ». Pour l’heure, il n’a pas approché la chambre d’agriculture.

Gaëlle Przybylowski, gérante de la boutique en question, espère bientôt un approvisionnement national. Voire des circuits courts : « faire travailler l’économie régionale, ce serait super ».

•• Caroline d’Armaillé, agricultrice bio, s’est lancée dans l’aventure à Levroux (à 20 kilomètres au nord de Châteauroux) sur près de 4 hectares. Si jadis chaque village de l’Indre avait sa chanvrière, la culture a quasiment disparu. « Quand j’en ai parlé à la chambre d’agriculture, ils m’ont regardé bizarrement » se souvient-elle. Elle s’est formée en Touraine et dans les Deux-Sèvres.

« Dans le chanvre, tout est bon », souligne-t-elle avant d’égrener les nombreuses applications de la plante : alimentation des oiseaux, des poissons, fabrication d’huile avec les graines ; tandis que les fibres longtemps prisées dans l’industrie du cordage et des voilures sont désormais utilisées pour isoler les bâtiments, faire du papier ou même se substituer au plastique.

« Dans l’Indre, je constate une frilosité pour tout ce qui sort de l’ordinaire » considère l’exploitante. Ses plantes ne contiennent pas de THC. Mais l’opportunité de travailler avec la filière du cannabis thérapeutique ou récréatif l’intéresse : « ça ouvrirait des débouchés. S’il y a moyen de signer des contrats, je saute dessus ! ».