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5 Fév 2019 | Observatoire
 

À l’occasion de la Journée mondiale contre le Cancer qui a lieu ce 4 février, Catherine Hill, épidémiologiste (voir Lmdt du 15 octobre 2018), fait le point sur les récentes statistiques de la maladie dans Le Figaro. Extraits.

•• « En valeur absolue, il y a plus de cancers car la population augmente et qu’il y a une plus grande proportion de gens âgés. Mais si l’on compare la situation actuelle à celle d’il y a quelques années, à taille de population et répartition d’âges égales, l’incidence annuelle diminue nettement chez les hommes et est à peu près stable chez les femmes. La mortalité par cancer, elle, diminue pour les deux sexes.

 « Chez les hommes, on diagnostique moins de cancers de la prostate et ils boivent et fument moins qu’avant. Dans les années 1950-1960, les trois quarts fumaient, contre 30 % aujourd’hui.

« Chez les femmes, l’incidence et la mortalité par cancer du sein diminuent, mais l’incidence et la mortalité par cancer du poumon augmente énormément car les femmes se sont mises à fumer sérieusement seulement depuis les années 1970. Le risque va continuer à augmenter avec le vieillissement des générations nées vers 1960, qui sont celles qui ont le plus fumé.

•• 41 % des cancers diagnostiqués en 2015 auraient pu être évités.

« Chez les hommes, près des deux tiers auraient été évités s’ils n’avaient pas fumé;  un sur cinq aurait été évité en ne buvant pas d’alcool; un peu plus de 10% aurait été évités avec une alimentation équilibrée et un peu plus de 10% aussi en évitant les expositions professionnelles. Viennent ensuite l’obésité et le surpoids, les infections, l’exposition aux rayons ultraviolet du soleil et des salons de bronzage, le radon dans les maisons, la pollution de l’air, les irradiations diagnostiques et le fait de faire moins de 30 minutes d’activité physique par jour.

« Chez les femmes, le tabac représente un cancer évitable sur quatre, l’alcool un sur cinq, le surpoids et l’obésité près d’un sur cinq, une alimentation équilibrée un sur sept, les infections cancérogènes un sur huit, le soleil et les salons de bronzage presque un sur dix. Viennent ensuite une activité physique insuffisante, le traitement hormonal de la ménopause, les irradiations diagnostiques, le radon dans les maisons et la pollution de l’air.

•• « Croire que l’environnement est une cause majeure de cancer est irrationnel. Il joue un rôle, c’est certain, mais très faible comparé aux trois premières causes de cancers évitables que sont le tabac (69 000 cancers chaque année), l’alcool (28 000 cancers) et l’alimentation (19 000 cancers).

« On estime que la pollution de l’air est impliquée dans la survenue de 1 500 cancers du poumon chaque année en France, à comparer aux 33 000 cancers du poumon imputables au tabagisme », toujours d’après Catherine Hill.