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31 Déc 2020 | International, Observatoire
 

Aphria et Tilray ont annoncé ce 16 décembre leur fusion, annonce Le Figaro.

Ils revendiquent désormais la première place du secteur avec 686 millions de dollars de chiffre d’affaires, devant un autre canadien, Curaleaf. 

Ensemble, Aphria et Tilray seront à la tête d’une douzaine de marques présentes aussi bien dans les farines et huiles à base de cannabis et … dans les produits de bien-être que dans les boissons infusées.

•• Tilray a noué, il y a deux ans un partenariat avec le brasseur AB InBev. À partir du site de Tilray situé au Portugal, ils visent un marché européen du cannabis thérapeutique qu’ils estiment à 3,9 milliards de dollars à horizon 2025.

Également en ligne de mire, l’énorme marché du voisin américain, de 10 milliards de dollars. Les deux groupes détiendront déjà ensemble 17 % du marché canadien (voir aussi 14 février, 22 janvier et 22 juin 2020 ).

•• Ambitieux, ce rapprochement devrait leur permettre de réaliser 78 millions de dollars par an de synergies de coûts. Il s’agit surtout d’un mariage de raison pour deux acteurs qui n’ont pas encore connu leur retour sur investissement. Et ils ne sont pas les seuls.

Depuis la légalisation du cannabis au Canada, en octobre 2018, les champions locaux, à l’image de Tilray, Aphria, Cronos, Aurora ou Canopy Growth, ont massivement investi dans leurs capacités de production (voir 13 décembre 2018). Mais les pépites du secteur se retrouvent aujourd’hui avec une production dix fois supérieure aux besoins réels.

•• « En se positionnant à la fois sur les boissons infusées au cannabis, les produits à base de CBD et le cannabis médical, ces entreprises ont les yeux plus gros que le ventre » soulignent les analystes d’Euromonitor.

« Ces activités requièrent des approches et des compétences différentes. Cela a du sens dans un marché mature avec des marques fortes, pas dans un marché naissant où la priorité consiste à mieux cerner les besoins des consommateurs et à faire de la pédagogie sur les usages. »

Et si le président élu, Joe Biden, a fait de la dépénalisation du cannabis l’une de ses promesses de campagne, la légalisation ne devrait pas intervenir avant 2023, selon Euromonitor (voir 9 novembre 2020).