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21 Avr 2017 | Profession
 

Montcornet, commune de 1 500 habitants dans l’Aisne, en cette fin de campagne présidentielle … Bernard Fleury, 66 ans, a cédé son activité de bar-restaurant (en 2015) et de tabac-presse (en 2016), exercée pendant 42 ans. Après avoir exercé de nombreuses responsabilités syndicales (il a été administrateur et vice-président de la Confédération ainsi que dirigeant de la coopérative des buralistes).

Mais c’est aussi en tant que président de l’union des commerçants de la ville qu’il témoigne dans L’Union de ce mercredi 19 avril « du profond sentiment d’abandon » ressenti par bien des bourgades en France.

•• « Les candidats à la présidentielle ? Ils ne parlent pas de nous ou seulement dans les dernières minutes des débats ».  Un regret qui exprime un désarroi : « je ne sais pour qui je vais voter, je ne sais même pas si je vais le faire. Cela m’ennuie et c’est la première fois. Auparavant, j’avais des certitudes à tous les coups. Aujourd’hui, je suis perdu. Nous sommes beaucoup comme cela ».

•• Il tend les bras montrant la place principale de Montcornet : « regardez, il y a des voitures, mais il n’y a personne (…) Il y a une trentaine d’années, nous avions 52 commerçants et artisans ayant pignon sur rue. Maintenant, il n’y en a plus qu’une quinzaine ». La situation pourrait s’accentuer avec d’autres commerces menacés, même si la mairie mène des études pour redynamiser le centre-ville. Bernard Fleury a dû vendre séparément ces deux activités et à 60 % de leur valeur, selon lui.

•• Une commerçante, spécialisée dans le textile pendant 23 ans, songe, elle aussi, à la fermeture définitive, mais ne trouve pas de repreneur : « je suis désespérée. Nous allons devenir des zones où il n’y aura plus rien. Ici, c’est un monde de déçus. On ne parle pas de nous à la présidentielle. On se sent extérieurs ».

Le visage de Bernard Fleury s’assombrit lorsqu’il envisage l’avenir : « il y a un risque d’explosion sociale. La soupape de la chaudière est prête à céder. C’est le temps de la révolte. D’autant plus dans le monde rural où l’impression d’abandon est forte ».