Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
25 Nov 2020 | Profession
 

À l’heure de publier ses propres comptes (en légère perte pour la première fois de son histoire), Le Canard Enchaîné dresse le bilan de santé, peu reluisant, de la presse française et livre son diagnostic. Intéressant. 

•• Quelques chiffres alarmants pour démarrer : chaque année depuis 2005, les ventes en kiosques et points de presse des quotidiens nationaux ont baissé de 10 % ;  chaque année, les hebdomadaires et les magazines ont vu disparaître 5 % de leurs acheteurs ; chaque année depuis dix ans, 1 000 marchands de journaux ont fermé boutique.

Et la situation économique des titres les plus connus a de « quoi faire frémir »: augmentation urgente de capital de 13 millions au Point; perte record à L’Équipe ; Les Échos et Le Parisien (groupe LVMH) en rouge, etc.

•• Cette chute a été aggravée par la crise de la Covid, la déroute de Presstalis et des mouvements de grève, soit, reprend Le Canard.

Mais, depuis des années, pour compenser la fuite des « lecteurs papier », les journaux – nationaux plus que provinciaux – ont eu recours à un expédient : la hausse continue du prix de vente au numéro. Le Monde valait 4 francs (0,61 euro ) il y a trente ans, il coûte aujourd’hui 3 euros (17,67 francs) : un prix multiplié par 3 en tenant compte de l’inflation. Et les hebdomadaires, comme Le Point, affichent un prix à 5 euros.

•• À l’image de leurs confrères américains, les plus grands titres de la presse quotidienne nationale ont investi sur la Toile et sont parfois parvenus à attirer près de 300 000 lecteurs quotidiens.

Pour l’instant, cela ne leur a permis de résoudre leur équation économique : la publicité numérique les a fuis pour aller enrichir Google et autre Gafa. Chaque année, les géants du numérique captent 100 % de la publicité digitale.

•• Et ce qui fonctionne pour le New York Times (qui compte désormais plus d’acheteurs de sa version numérique que de sa version papier) n’est pas totalement reproductible dans l’Hexagone : le nombre de lecteurs potentiels anglophones est dix fois plus important que celui des lecteurs francophones et les quatre heures de décalage horaire entre l’Est et l’Ouest américain favorisent le numérique.