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28 Sep 2018 | Profession
 

Le 11 octobre, le nouveau directeur général du PMU présentera à son conseil d’administration les pistes du plan stratégique à trois ans qu’il est en train de peaufiner avec ses équipes.

Le constat, Cyril Linette l’avait dressé dans une interview accordée à Paris-Turf (voir Lmdt du 16 juillet), trois mois après la nomination du tandem qu’il forme désormais avec Bertrand Méheut (voir Lmdt du 12 avril).

Ce jeudi devant la presse, il a souligné que le résultat net allait tomber, cette année, à 780 millions, soit « 20 millions en dessous du budget ».

À tel point, a-t-il ajouté, que le coût d’organisation des courses hippiques en France n’est plus couvert par les revenus du PMU. En d’autres termes : la filière est en perte.

•• Pour Cyril Linette, les solutions s’articulent autour de trois axes :

• redonner confiance à sa clientèle de base, les quelque 400 000 turfistes, qui pèsent 90 % du chiffre d’affaires et expriment leur mécontentement « car les jeux ne leur ressemblent plus » ;

• reconquérir la clientèle récréative, en d’autres termes ceux qui jouent pour le plaisir de jouer et peuvent se tourner aussi bien vers les jeux de la FDJ que les paris sportifs ;

• enfin, partir à la conquête du grand public pour l’intéresser au spectacle des courses.

Fustigeant une « institution hippique ni prudente ni visionnaire et trop clientéliste », comme l’a d’ailleurs pointé du doigt un rapport de la Cour des comptes (voir Lmdt du 19 juin), Cyril Linette va présenter un projet de réorganisation et de rationalisation de la filière « avec une proposition marketing puissante ».

•• Il s’agirait, ni plus ni moins de passer à une marque unique fédérant l’ensemble du secteur : PMU bien sûr, la plus connue.

Aux sociétés mère des sociétés de course, France Galop et Le Trot, qui se disent aussi différentes que les fédérations de rugby et de foot, le patron du PMU répond par une image : « le galop, c’est du sprint, le trot du demi-fond donc … de l’athlétisme. » L’idée est aussi de créer un « parcours client unifié », qui pourra renvoyer un turfiste d’un hippodrome de galop vers un hippodrome de trot.

•• Parmi les pistes du plan Linette : un petit peu moins de courses, (« il y en a le dimanche à 20h30 … »), un peu moins de jeux (avec déjà bientôt « un Quinté débarrassé de certains attributs des jeux d’argents »), et la définition d’une « élite des hippodromes » pour y présenter « des spectacles plus captivants. » La question de leur couverture télévisuelle se posera alors.

•• Il faudra aussi envoyer des signaux au réseau de points de vente que le PMU rémunère moins bien que la FDJ. Ce sont ses propos.