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20 Août 2018 | Profession
 

Alors que certains changements de prix des cigarettes entrent en vigueur ce lundi (voir Lmdt des 18 août et 31 juillet), les buralistes se plaignent d’une baisse des ventes de paquets de cigarettes de 12 à 17 % cette année, selon un reportage à Paris du Parisien / Aujourd’hui en France. Extraits. 

•• « Mais parfois je me demande ce que je vais devenir », confie Joseph Yabas installé depuis douze ans Porte de Clignancourt, dans le nord de Paris (XVIIIe) Il assure que les ventes de paquets de cigarettes ont baissé de 12 à 13 % dans son commerce par rapport à la même période l’année dernière.

Un constat partagé par l’ensemble de la profession. « Sur un an, le marché a baissé en volume de 11 % au niveau national », confirme au Parisien la Confédération des buralistes qui ajoute « pour cette fois, la hausse des prix devrait être indolore ».

« Dans les secteurs populaires comme ici, notre première concurrente, c’est la rue. Les vendeurs à la sauvette se portent de mieux en mieux. À la gare RER de Sarcelles ou à Barbès, c’est 4 euros le paquet en provenance direct d’Algérie », regrette le buraliste.

•• Même constat amer à quelques kilomètres de là, près des Champs-Élysées. « La vente des cigarettes baisse dans notre pays, mais la consommation réelle suit-elle le mouvement ? » s’interroge Cyrille Geiger, dont le tabac a accusé une baisse de 15 à 17 % en volume cette année.

« Ma clientèle, essentiellement constituée de cadres de bureaux, a les moyens de voyager. L’achat en duty free explose », estime-t-il tout en reconnaissant qu’il soutient, à titre individuel, la politique du Gouvernement qui entend porter le prix du paquet à 10 euros d’ici à 2020.

•• « Je connais bien mes clients », raconte de son côté Bernard Gasq, président de la Fédération Île-de-France/ Oise / Seine Maritime des buralistes. « En ce moment ils entrent et se ruent sur les jeux à gratter. Je leur demande : et votre paquet de cigarette habituel ? Ils me répondent : non merci, on rentre de vacances, on a fait le plein. Nos petits commerces disparaissent et vident les centres-villes. Dans les campagnes, le mouvement s’est déjà amorcé. Il ne faudra pas venir pleurer après ».

•• La Confédération des buralistes « tente d’anticiper la baisse d’activités de ses ouailles et a signé, en janvier, un accord avec l’État où ses membres s’engagent dans la lutte contre le tabagisme » rappelle le quotidien.

La profession qui « envisage même de faire disparaître la mention tabac de ses carottes, les fameux losanges rouges qui ornent les devantures des civettes », réfléchit actuellement à recentrer son activité sur les chargeurs de portable, les boissons, les produits de snacking, les cigarettes électroniques ou les systèmes de tabac à chauffer.