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1 Mar 2021 | Profession
 

La limitation des déplacements frontaliers a fait exploser les ventes chez des buralistes de Haute Garonne. Une situation qui met en exergue l’évasion commerciale due à la différence des prix.

« L’augmentation de vente de tabac atteint les 200 % », témoigne, à La Dépêche du Midi, un buraliste à Luchon, « cela vaut pour nous, ici, mais aussi pour St-Béat, Loures-Barousse et bien plus loin, Bayonne ou Pau Les évolutions sont vraiment énormes et j’espère que nous allons enfin pouvoir avoir la réalité des chiffres de cette évasion de chiffre d’affaires vers l’Espagne ».

•• Le constat est identique pour l’ensemble des buralistes luchonnais. Que ce soit par le col du Portillon, actuellement fermé, ou bien par la vallée, en passant par St-Béat, l’Espagne n’est qu’à une petite demi-heure de route.

Mais la pandémie a changé la donne, avec deux confinements mais aussi la mise en place des nouvelles règles sanitaires par l’Espagne et la limitation des déplacements transfrontaliers.

•• « Nous voyons de nouveaux clients, que nous n’avions jamais eus auparavant », ajoute une consœur, « la progression des ventes de tabac est constante mais c’est une conclusion qu’avait déjà tiré la Confédération des buralistes après le premier confinement (…) Ce n’est donc pas parce que les prix au paquet ont augmenté que les fumeurs ont arrêté. En Ariège, la progression des ventes atteint les 400 %. Je crois que l’on peut constater là, toute l’hypocrisie des augmentations à répétition que nous subissons en France ».

•• « Aujourd’hui, j’ai vendu six cartouches dans la même journée », renchérit une troisième buraliste. « C’est vraiment maintenant qu’il faut se réapprovisionner et en profiter, tant que la situation sanitaire rend difficile les trajets vers l’Espagne. L’État va pouvoir récupérer les taxes et peut-être verra-t-on tout ce qui s’évade en temps normal ! »

Toujours selon le buraliste de Luchon : « une mission d’information parlementaire, présidée par Éric Woerth, va étudier les chiffres atypiques du tabac de ces derniers mois. Alors nous saurons vraiment ce qu’il en est … » (voir 10 et 25 février).