Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
2 Août 2018 | Profession
 

En écho à sa récente sortie médiatique dans Le Parisien où il réaffirmait son souhait de voir les buralistes autorisés à vendre du cannabis en cas de légalisation (voir Lmdt du 22 juillet 2018), le président de la Confédération était invité au dialogue avec les auditeurs, ce 1er août, dans l’émission « Carrément Brunet » de RMC.

En voici quelques extraits. Significatifs de ce débat qui va traverser bien des conversations de vacances.

Sachant que l’animateur, Pascal Perri, a d’emblée pris parti en faveur de la proposition de Philippe Coy : « c’est une tendance de la société et il faut désarmer les trafiquants. »

•• Premier interlocuteur, Julien, un pittoresque contradicteur à la faconde toute marseillaise. Son propos ? « Les buralistes ? Pourquoi pas. Mais ils ne savent déjà pas vendre du vapotage … Pour le cannabis, il faudra parler, expliquer … Pourquoi ne pas aider certains jeunes, qui connaissent déjà la vente de l’herbe, à se reconvertir en leur donnant une licence pour ouvrir des coffee-shops ? »

 Philippe Coy : « c’est vrai que la vapote n’a pas du tout été prise au sérieux par ma profession. Mais je n’ai été élu à la tête de ce réseau que depuis 8 mois. C’est devenu un sujet d’actualité pour nous. Je pense que, demain, notre profession sera un vrai acteur du vapotage et saura vous conseiller. Oui, il y aura un professionnalisme qui se met en place dans ce réseau.

« Pour en revenir au cannabis, je précise que nous souhaitons le vendre que si ce produit vient à être légal.

« Car vous croyez vraiment que ceux qui sont aux pieds des immeubles et ne respectent pas la loi, aujourd’hui … vont la respecter, demain ?

« Alors que moi, je suis commerçant, et je m’acquitte de mes obligations et impôts depuis 30 ans ! Les buralistes signent déjà un contrat avec l’État pour vendre des produits dits sensibles (…)

« Or, le sujet du cannabis est maintenant sur la place publique. Nous sommes responsables en nous y préparant. Par exemple, dans mon département des Pyrénées-Atlantiques, Jacques Pédehontaà, maire de Laàs et conseiller départemental, propose déjà de créer une filière autour du cannabis regroupant agriculteurs, buralistes et pharmaciens » (voir Lmdt du 27 juin 2018).

•• Débat plus serré avec le syndicaliste policier David-Olivier Reverdy (Alliance), assez sceptique, qui replace le sujet dans le contexte de l’expansion de toutes les catégories de stupéfiants dans notre pays. « Il ne faut pas donner l’impression de capituler. » Non sans s’être inquiété, auparavant, de la problématique de l’interdiction de vente aux mineurs dans le point de vente.

À propos, un auditeur pose la question des enjeux sécurité que cela représente pour les buralistes : « c’est une interrogation que l’on peut partager » reconnaît Philippe Coy.

•• Nouveau temps fort avec l’irruption téléphonique de maître Francis Caballero (longtemps avocat du CNCT et accessoirement de Clopinette / voir Lmdt des 3 juin 2015 et 25 juin 2014) : « je suis favorable à la légalisation réglementée du cannabis mais quand j’entends les buralistes vouloir investir ce marché, je suis comme une truie qui doute … Ils s’intéressent au cannabis pour l’argent mais absolument pas pour des raisons de santé publique, ils vendent déjà tous du tabac aux mineurs ! »

• Philippe Coy : « … et vous ? Vous vous intéressez à quoi ? … Plutôt que de nous faire des procès d’intention !

« C’est vrai, il y a un problème avec certains buralistes concernant la vente de tabac, ou de jeux, aux mineurs et on s’emploie à le régler.

« Mais ne condamnez pas une profession avec laquelle vous cherchez à gagner de l’argent, par ailleurs, en la piégeant pour lui faire des procès ! Et les vendeurs de cannabis au pied de l’immeuble, ils respectent l’interdiction de vente aux mineurs, eux ? »

• Francis Caballero : « … euh, je suis pour la vente réglementée du cannabis avec un réseau contrôlé par l’État, mais surtout pas avec les buralistes. Ils donnent trop l’exemple de la violation des lois de santé publique. Ils vendent même des poppers … »

• Philippe Coy : « vous êtes avocat et heureusement que vous ne travaillez pas pour nous … vous ignorez encore que la vente réglementée des poppers est autorisée ! »

• Pascal Perri, l’animateur : « … en voilà deux qui ne vont pas prendre leurs vacances ensemble ! »

•• Verdict des auditeurs à l’issue de l’émission : 71 % sont favorables à la vente réglementée du cannabis chez les buralistes.