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5 Jan 2017 | Profession
 

André Renaux, maire de Wavignies – petite commune de l’Oise de 1 228 habitants, à 100 kilomètres au nord de Paris – est fier d’avoir su conserver son commerce de proximité : boulangerie, boucherie, salon de coiffure auto-école. Alors, quand il a appris en avril dernier, la vente du bar-tabac de sa commune – sans repreneur – comme habitation, il réagit. Ce mois de  janvier, un nouvel établissement ouvre, avec une offre associant tabac, jeux, épicerie de dépannage, gaz et dépôt de pain (le lundi). Retour sur un marathon de six mois …

•• En quête d’un autre local, André Renaux pense d’emblée à une ancienne supérette fermée depuis quatre ans. Mais elle est déjà engagée sur un projet de pizzeria. Le maire propose alors au repreneur d’ajouter l’activité bar-tabac à son commerce. Il obtient un accord de principe, mais apprend qu’il ne dispose que de deux mois pour garder l’activité tabac, après cessation d’activité des vendeurs. Ces derniers acceptent une prolongation jusque septembre.

•• Le maire part en congés : « les vacances ont été un vrai cauchemar. J’ai appris la défection du repreneur potentiel et l’existence d’un périmètre de protection. On ne peut ouvrir un bar tabac à moins de 50 m d’une église, d’une mairie, d’une école et d’une bibliothèque. Là, je me dis que c’est foutu car on cumule les quatre interdits juste en face du futur bar tabac ! ».

•• Néanmoins, l’élu étudie la réglementation et finit par découvrir qu’il peut solliciter une dérogation, sa commune comptant moins de 2 500 habitants. Cela nécessitera encore un mois de démarches en préfecture, tandis que deux autres repreneurs font aussi faux bond.

Finalement, Pascale et Ange-Gilles Runfalo (photo), ses voisins, récemment installés au village, se déclarent intéressés par le projet. Mais, ils tiquent sur le loyer.

•• Avec l’appui de son conseil municipal, le maire propose l’achat du local à la SA HLM 60 qui saisit l’opportunité. Avec l’aide du département et de la Communauté de communes du Plateau picard (CCPP), l’ensemble ne coûtera que 70 000 euros à la commune qui va encaisser les loyers du commerce et de l’appartement situé à l’étage.

La commune a sauvé son commerce … alors que le couple Runfalo achète le fonds et prend à sa charge les travaux d’aménagement.