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5 Mai 2020 | Profession
 

Épisode 48 de notre revue de presse des témoignages de buralistes dans les régions (voir 4, 3 et 2 mai).

•• « Dans le contexte d’évolution du prix du tabac, il est intéressant de se tourner vers de nouveaux produits » déclare convaincu Nicolas Pinot (président des buralistes de l’Indre et patron d’un bar-tabac à Issoudun).

« La Confédération s’est positionnée très tôt sur les masques au niveau national. On veut apparaître comme des commerçants d’utilité locale. C’était donc important de montrer aux pouvoirs publics la capacité de notre réseau à répondre vite aux besoins qui peuvent se présenter. »

Disponibles à la vente dans le département dès le début de semaine, Nicolas Pinot en a lui-même commandé 200 pour son commerce, dans un premier temps. « C’est difficile d’estimer les quantités d’autant que les pharmacies et les grandes surfaces vont aussi en vendre. Mais je tenais à apporter ce service supplémentaire à mes clients. Il y a d’ailleurs une vraie attente : une soixantaine d’exemplaires ont déjà été réservés par ma clientèle habituelle  » (La Nouvelle République).

•• « Le 11 mai, ce ne sera pas la vie d’avant qui va reprendre. Il va falloir respecter gestes barrières et distanciation, un certain temps » prévoit Odile Le Ny, présidente des buralistes des Côtes-d’Armor.

Sur la période de confinement, elle résume : « pas évident. Même si l’activité tabac va correctement, on va dire avec moins de monde mais un panier moyen plus fort, on voit qu’à côté, il y a moins de ventes pour le reste. Forcément ».

« Ceux qui avaient une activité bar ont dû l’arrêter. Ils ne font pas de chiffre. Ils attendent l’annonce de la date de réouverture. J’ai eu aussi au téléphone des buralistes inquiets qui venaient de démarrer leur activité. On sent de l’anxiété. Il ne va pas falloir que cette situation dure trop longtemps ».

« Des masques arriveront ce début de semaine et, selon les commandes, au fur et à mesure. C’est tout à fait normal pour nous d’en vendre puisque nous faisons du service public. On est d’utilité locale, il n’y a qu’à voir dans certaines petites communes … » (Ouest France).

•• « On a beaucoup de demandes, plusieurs fois par jour » assurent des buralistes de l’agglomération grenobloise en l’attente de livraison des masques. « Ça va être la ruée, comme à l’époque de Charlie Hebdo », estime l’un d’entre eux.

Certains envisagent donc de limiter la vente de masques par personne : « il faut qu’il y en ait pour tout le monde. Si quelqu’un en demande 20 d’un coup, je ne pourrai pas lui vendre ».

Certains pointent du doigt le coût d’acquisition du masque : « si on le revend seulement 5 euros, on ne gagne rien dessus, mais on doit vivre, nous aussi ! » témoigne l’un d’entre eux. Même si la majorité assure ne pas vouloir « se faire de l’argent sur le dos de la crise »: « c’est surtout pour rendre service à nos clients » estiment-ils.

D’autres s’inquiètent des « stocks colossaux » constitués par la grande distribution. « Si les grandes surfaces vendent leurs masques entre 2 et 3 euros l’unité, les gens vont aller là où c’est le moins cher » craint une buraliste à Grenoble (Le Dauphiné Libéré).

•• Une buraliste, à Pont-Saint-Esprit (10 000 habitants, 15 kilomètres de Bagnols-sur-Sèze) depuis plus de 12 ans, n’imaginait pas qu’un jour elle ne pourrait pas répondre à une demande particulière de sa fidèle clientèle. En effet, la mort dans l’âme, elle ne pourra pas proposer a ses clients des masques de protection. La commande minimum est beaucoup trop onéreuse pour elle qui traverse une période compliquée au niveau de la trésorerie  (Vaucluse Matin).

•• « C’est la presse qui enregistre la plus grande chute. On note cependant un bon maintien pour la presse enfantine » constate un couple de buralistes à Lion-d’Angers (4 700 habitants, 27 kilomètres d’Angers). « Pour le tabac, le chiffre est globalement identique même si les clients prennent de plus grosses quantités. On a forcément moins de passage et la clientèle ne flâne pas dans le magasin : les achats sont ciblés. »

« On a installé une protection transparente et on désinfecte souvent le terminal de cartes bancaires. Je crois qu’on gardera les distances encore longtemps. Dans ces conditions, on espère rouvrir l’après-midi prochainement. Si nous-mêmes, nous ne portons pas de masques, de plus en plus de clients en ont  » (Courrier de l’Ouest).

•• « Dès le début, on a bien travaillé pendant quinze jours. Et puis le couperet. Ma collègue m’a appelée, m’a dit qu’on ne pouvait pas ouvrir demain. À part le tabac. J’ai eu beaucoup de mal à réaliser » témoigne la toute nouvelle patronne d’un bar-tabac à La Flèche (15 800 habitants, au sud du Mans) ouvert … le 2 mars

En reprenant l’affaire, elle avait pour projet de refaire le bar et les travaux auraient dû se faire en avril : « on est obligé de repousser, soit en septembre, soit l’année prochaine ».

« Il faudrait que ça redémarre en juin. Le tabac nous maintient à flot, mais parce qu’on fait attention. On a repoussé tout ce qui pouvait l’être, prêts, loyers … »

Arrivée avec plein d’énergie et d’idées, elle a multiplié les services : commande de paniers de fruits et légumes, dépôt de pain, café et boissons à emporter. Depuis ce lundi 4 mai, les horaires d’ouverture habituels ont repris : « parce que les gens recommencent à travailler. L’activité reprend. Ça remet dans le bain aussi, parce que là, on est un peu au ralenti  » (Ouest France).

•• « On est des éponges, les gens nous racontent leurs angoisses. Certains n’ont pas de famille et venir au café leur manque » fait remarquer la patronne d’un tabac-presse à Saint-Hilaire-du-Harcouët (6 000 habitants, au sud de La Manche).

Quelques habitués continuant de travailler à l’usine ou sur les routes ont conservé leur routine en lui achetant un café à emporter, le matin : « Cela leur donne l’impression qu’il n’y a pas trop de changement » suppose-t-elle.

Avec la fermeture de son bar, elle a dû mettre ses deux autres employés au chômage partiel et ses recettes ont chuté de 50 %. Pourtant, la buraliste n’a jamais autant travaillé. Désormais seule, elle est sur le pont, six jours sur sept. Là où ses ventes fusent, c’est sur le tabac : « le confinement doit y jouer … » suppose-t-elle.