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16 Jan 2020 | Profession
 

Confiserie HariboLe marché du bonbon requiert une attention de tous les instants et une capacité à s’adapter très vite. Ce ne sont pas les buralistes qui développent sérieusement cette activité qui démentiront. 

Les consommateurs de sucreries aussi sont devenus très difficiles. Méfiants à l’égard de nombreux ingrédients, ils apprécient les nouveautés mais n’y sont pas fidèles plus de deux ou trois ans. Une attitude qui contraint les fabricants à multiplier les innovations.

•• Encore bien orienté en 2016, le marché du seul bonbon a brusquement décroché en 2017 avec des ventes en baisse de -1 %, puis de -3,1 % en 2018. En 2019, le syndicat de la confiserie note toutefois une reprise de + 1,6 %. Une tendance à confirmer.

Le consommateur de confiserie peut se passionner pour un style de bonbons une année et le bouder quelques mois après. Cela a été le cas avec les « piquants, dont les ventes ont brusquement chuté il y a deux ans et qui sont aujourd’hui ce qui progresse le plus avec une croissance de 9 % en 2019 » rapporte Les Échos.

•• Le marché du bonbon en France est, en effet, devenu très fragile. « Tout a un impact. Une campagne sur la naturalité, Nutriscore, la lutte contre l’obésité ... », observe Jean-Philippe André, président du syndicat de la confiserie et président du directoire de Haribo France (Tagada, Dragibus …).

« Nous avons beaucoup travaillé la communication de nos marques et ciblé les innovations » poursuit le dirigeant d’Haribo dont la part de marché a bondi de 31 % en 2013 à plus de 40 % en 2019. Haribo lance dix nouveaux produits par an, dont trois seulement sont vraiment de nouveaux bonbons (voir 4 mai 2018). Et la durée de vie des innovations ne dépasse pas trois ans.

Cela n’empêche pas les cinquantenaires comme les fraises Tagada d’avoir encore du succès. Mais là aussi Haribo veille à apporter des améliorations. Le petit sachet de 400 grammes est tombé à 300, et désormais il tient debout et se referme, pour plus de fraîcheur.

•• De son côté, le français Carambar & Co (Carambar, Kréma, Mi-cho-ko, les rochers Suchard, Lutti et les pastilles Vichy) a entrepris un profond travail de rénovation de ses recettes face à ce contexte délicat de déconsommation de la confiserie (voir 16 février 2018).

Avec Lutti (voir 17 août 2018) acquis en 2018, Carambar & Co assure à peine 26 % des ventes en France. L’an dernier, le groupe a perdu 1,2 % de part de marché tandis que Haribo en a gagné 0,9 %.

Face à ce phénomène de sucre-bashing, le groupe a éliminé les ingrédients les plus controversés. Parmi lesquels le dioxyde de titane, utilisé pour blanchir et donner du brillant, et l’huile de palme, remplacée par du beurre de cacao ou comme l’aspartame qui aura complètement disparu en février.

La gamme Krema, septuagénaire, a supprimé la gélatine animale de ses bonbons Regalad, ainsi que les colorants et les arômes artificiels, remplacés par du végétal (betterave ou carotte pour la couleur). C’est une ligne Vegan dans l’humeur du temps

Outre le vegan et le moins sucré, le bio s’avère incontournable : on en trouve sous la marque Lutti avec les « fizz », mais aussi chez Krema avec les mini-cubs.

Tout n’est pas passé à la moulinette des tendances. Carambar est resté le même et les toutes nouvelles sucettes, format Chupa Chups, ne sont pas moins sucrées.