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12 Déc 2019 | Profession
 

Difficile de tenir un commerce de proximité dans un petit village comme Treteau (600 habitants, à 35 kilomètres au nord de Vichy) … si les clients locaux ne soutiennent pas l’activité.

Justement, avant les municipales de 2020, La Montagne est allé à la rencontre de « ceux et celles qui font les territoires », en l’occurrence Cyrille Gauthier, boulanger-pâtissier et Danielle Gourdon, buraliste. Tous les deux sont mi-figue, mi-raisin, quant à l’avenir de leur commerce sur le long terme.

•• Pour Danielle Gourdon qui s’occupe du bar-tabac-épicerie depuis quinze ans, pas de coup de gueule, mais une certaine résignation : « il n’y a plus rien à faire. Je sors un tout petit salaire en travaillant de 7 à 19 heures tous les jours, en ne comptant ni le loyer ni l’eau, l’électricité, le loyer et le chauffage, car je suis chez moi.

« Il me reste au moins 5 ans à faire et après … Personne ne va reprendre, c’est illusoire, je ne vais pas vendre, car je sais pertinemment que ce ne sera pas viable. On ne peut pas dire à un jeune qu’il va s’en sortir ».

« Le bar a dégringolé. Ils ont tous leurs salles dans les entreprises ou les associations, sans oublier la salle des fêtes. En fait, je tiens grâce au tabac, qui représente entre 80 et 90 % du chiffre. On faisait restaurant avant, mais les dernières années, on avait un jour 4 personnes, un autre jour 5 et peut-être même un jour à 10 couverts, mais pas 30, non. On a arrêté ».

•• Le boulanger Cyrille Gauthier a fini par poster un coup de gueule via sa page Facebook fin novembre : « J’aimerais que les gens de la commune fassent travailler les commerces locaux. À peine 100 sur les 600 habitants prennent du pain ici ! ».

Lui a été conquis par la commune en décembre 2015. « La boulangerie était fermée depuis un an. J’étais en recherche de boulot. J’ai fait la demande pour reprendre auprès de la mairie, qui est propriétaire des murs. J’ai lancé une épicerie, en plus de la boulangerie, quand j’ai ouvert ».

•• La commune accueille pourtant, chaque jour, de nombreux salariés, en plus des 536 habitants. Les deux commerces ont donc étoffé leurs rayons avec, chacun, un rayon épicerie.

À la boulangerie, des conserves, mais aussi des produits ménagers. Le gérant avait même accueilli des articles de pêche en 2017 et installé un distributeur de pain à 7 kilomètres, « mais ça ne marchait pas, j’ai arrêté ». Au « Café Tabac des sports », beaucoup de boissons, des alcools aux sodas, en passant par l’eau minérale.

Ils ont tous deux une belle réserve de bonbons, vendus à 10 centimes l’unité.

•• Dire qu’à une époque, comme le souligne Rolland Dachard, ex-PDG d’une concession de machines agricoles du même nom, le bourg fourmillait d’activité. Mais c’était une autre époque : « il y avait au moins 10 restaurants dans les années 1950. Il n’y en a plus, ça nous manque ».