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16 Mai 2020 | Profession
 

Monique Lelte et ses employées avaient été prises en otage dans leur établissement de Blagnac. Un an plus tard, la gérante vit toujours avec ce cauchemar (voir 7, 8, 9 mai et 15 août 2019). 

« La nuit, je me réveille et je descends dans mon commerce pour m’assurer que personne ne s’y trouve » confie-t-elle à La Dépêche du Midi.

Monique continue de se repasser le fil de cette soirée : « c’est marquant. Ce garçon nous avait quand même dit qu’il allait en tuer deux d’entre nous. Il se disait aussi porteur d’explosifs. On ne peut pas oublier ce traumatisme si facilement ».

•• Très choquée, sa fille a dû être hospitalisée quatre mois dans un centre spécialisé. « Elle a eu un traitement très lourd. L’acte de ce jeune homme a eu des conséquences terribles. Une de mes employées en période d’essai n’est jamais revenue, l’autre est toujours en arrêt maladie   aujourd’hui » assure Monique.

« Même si je suis passée à autre chose, je ne peux pas contester que mon comportement a changé depuis ce jour-là. Je fais désormais plus attention à la sécurité dans mon commerce ».

•• Peu de jours avant le confinement, Monique et sa fille, assistées de leur avocat, devaient rencontrer la juge pour aborder le dossier avant le procès, mais ce rendez-vous a été repoussé.

Elle devra donc patienter un peu plus pour comprendre les motivations de l’assaillant : « avec le recul, je me dis qu’il n’a pas pu agir seul. C’est un gamin ! Pour faire ce qu’il a fait, je pense qu’on a besoin d’expériences dans le grand banditisme. On ne peut pas menacer des gens comme ça en brandissant une arme et être si organisé … ».

Selon elle, Yanis était forcément guidé par des gens à l’extérieur. « On aurait dit qu’il suivait une liste de tâches à effectuer. Puis son téléphone ne cessait de sonner. J’espère que les investigations vont nous permettre de répondre à ces questions ».

•• Monique attend donc le procès, sans impatience mais avec l’espoir qu’il sera jugé pour ses actes : « ce qu’il a fait a eu des conséquences. Je sais qu’il est jeune, mais les enfants aussi il faut les punir, sinon ils ne mesureront jamais la gravité de leurs gestes ».