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15 Août 2019 | Profession
 

Le 7 mai, Monique Lelte, buraliste à Blagnac, a été prise en otage – avec sa fille et deux employées – par Yanis D, un mineur de 17 ans (voir Lmdt des 7, 8 et 9 mai). Ce qui aurait pu se terminer en drame s’est heureusement conclu. Mais les séquelles sont profondes.

Ainsi, trois mois après la prise d’otages … elle avoue dans « La série de l’été » de La Dépêche du Midi (13 août) ne pas avoir retrouvé une vie « normale » : « depuis cet événement, ma fille a été hospitalisée, mon chien est mort et une de mes employées a démissionné ».

•• De fait, physiquement indemnes de ce face-à-face angoissant, les quatre femmes restent traumatisées. L’une d’elles a fini par démissionner :« elle était choquée ». Une autre s’est arrêtée pendant un mois et demi, alors que la fille de Monique a « craqué nerveusement ». « Le contrecoup de la prise d’otages a été terrible pour elle, d’autant qu’elle était déjà un peu fragile psychologiquement (…) 

« Moi aussi, j’ai eu du mal à trouver le sommeil les jours qui ont suivi. En plus de cela, je devais forcément gérer une situation professionnelle difficile » se souvient cette battante de 69 ans, pourtant difficilement impressionnable. Pour ne rien arranger, trois semaines après ce traumatisme, son labrador est subitement mort à l’âge de trois ans.

« J’ai connu deux faits marquants au cours de ma carrière. Un braquage en 1995, en pleine nuit, et cette soirée du 7 mai. Honnêtement, ça laisse des traces ».

•• Heureusement, la clientèle est revenue dès le lendemain : « ils font comme d’habitude, ne me posent pas trop de questions ».

Parmi eux, le père de Yanis D., qui avait déjà ses habitudes dans le commerce, avant que le garçon ne passe à l’acte : « au début, je ne savais pas que c’était son papa. Il ne me parle pas, il vient simplement acheter ce qu’il veut puis il part. Nous n’avons pas abordé le sujet, mais je me demande si sa présence n’est pas intéressée » déclare Monique, qui a déposé plainte contre son fils.

« La maman m’a également téléphoné trois fois déjà. Elle s’est excusée, avant de me dire qu’il allait être transféré dans la maison d’arrêt de Foix ».

•• À propos du preneur d’otage : « je lui en veux et je m’en veux, car j’aurai dû voir que son pistolet était faux … » reprend-t-elle, « lorsque certains disent qu’il était gentil, qu’il nous a servi de l’eau, etc … j’enrage. Une personne sympathique ne fait pas ça, il s’est servi de la faiblesse des otages pour redorer son image. On minimise son geste. C’est très grave, nous payons les conséquences de ses actes » en repensant notamment aux menaces dont elle est régulièrement victime (voir Lmdt du 9 mai). « Le 10 mai, j’ai déposé plainte suite à un appel malveillant, mais le téléphone en question a été géolocalisé à Dijon ».

Au mois de juin, des individus ont tenté de lui voler un lot de canettes de sodas : « j’ai voulu les intercepter, l’un d’eux m’a dit que je me ferai égorger » finit Monique, qui souhaite désormais passer à autre chose.