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4 Déc 2017 | International
 

Entre une note remise au Parlement et au Conseil Européen et une réunion à Berlin le 30 novembre (au 3ème Financial Times Business Regulation Forum), le média espagnol El Economista fait le point sur les doutes concernant la stratégie européenne contre le tabac illégal.

•• À Bruxelles, on reconnaîtrait que les résultats ne sont pas ceux espérés : « le problème continue d’être aussi préoccupant aujourd’hui qu’auparavant ».  Selon les chiffres de KPMG, le marché de contrebande du tabac pèse pour 9 % dans la consommation de l’Union européenne (12 % avancent les fabricants) ce qui engendre un manque à gagner fiscal de 10,20 milliards d’euros d’année en année (à comparer aux 85 milliards de la contrebande tous produits confondus).

•• Selon un rapport de l’Otan de juin 2016, la France et la Pologne auraient absorbé respectivement 8,96 milliards et 6,16 milliards de cigarettes illégales entre 2009 et 2016.

« Et la contrebande de tabac constitue une source de revenus pour les groupes de délinquance organisée en Europe, et au-delà, existent certains indices financement de groupes terroristes dans certains cas » assure-t-on de sources proches de la Commission européenne.

•• Lors du FT Business Regulation Forum (à Berlin le 30 novembre), Anne Bucher, présidente du Comité d’examen de la réglementation de la Commission européenne a admis que « ce qui manque ce n’est pas une plus grande régulation mais une plus intelligente ». Mais, comme le font remarquer les fabricants, l’introduction du paquet neutre (France, Royaume-Uni, Irlande) et la forte pression fiscale du Gouvernement français (« paquet à 10 euros »), ne vont qu’aggraver le problème et les distorsions. « L’expropriation des marques n’a pas freiné la consommation de tabac comme on l’a constaté en Australie », souligne Alexander Kryvosheev, vice-président des Affaires publiques de JTI.

•• L’Union européenne est en train de travailler sur la normalisation d’un système de traçabilité à l’horizon 2019. Parallèlement, sont envisagées les façons d’améliorer l’échange d’informations douanières avec les pays de l’Est – « grandes portes du commerce illégal » – en envisageant un dialogue bilatéral avec la Russie, la Biélorussie ou l’Ukraine.