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7 Jan 2021 | Observatoire
 

Avec le Brexit, la possibilité de créer des zones de vente de produits détaxés aux frontières avec le Royaume-Uni suscite les convoitises, notamment dans les ports français ou dans le centre de Calais qui rêve de doper son attractivité et espère un feu vert du gouvernement., annonce l’AFP dans une dépêche de Marie Heuclin.

« Le duty-free est en vigueur sur nos navires depuis le 1er janvier 2021, uniquement sur les lignes entre le Royaume-Uni et la France, et seulement dans les eaux internationales », indique ainsi à l’AFP un porte-parole de la compagnie Brittany Ferries.

•• À terre on se prépare. Un grand magasin duty-free doit s’installer d’ici à octobre dans un bâtiment du nouveau port de Calais, selon le président de la société des ports du détroit Jean-Marc Puissesseau. La société a lancé un appel d’offres pour choisir le futur opérateur.

Parmi les acteurs de ce marché, en pleine tourmente avec la crise sanitaire, figurent des groupes français comme LVMH et sa filiale DFS, axée sur les produits de luxe, ou encore la branche du groupe Lagardère, Lagardère Travel Retail, mais aussi le suisse Dufry. « Pour nous, ça sera des recettes supplémentaires », explique M. Puissesseau à l’AFP, même si « les estimations ne sont pas faites à ce stade ».

•• La ville de Calais voit quant à elle plus grand. Sa maire, Natacha Bouchart, voudrait que le régime du duty-free soit étendu à l’ensemble de la ville, ou au moins au « périmètre du centre-ville » avec « des lieux de vente » dédiés, a-t-elle déclaré à l’AFP.

Le dossier est dans les mains du gouvernement, qui prendra des décisions dans les prochaines semaines, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale, des discussions étant notamment en cours avec Bruxelles sur ce dossier.

•• Pendant ce temps, chez Getlink, le groupe exploitant le tunnel sous la Manche, et même à la SNCF, qui gère la gare du Nord à Paris d’où part l’Eurostar vers Londres, on ronge son frein. Car la réglementation interdit actuellement le duty-free au transport ferroviaire. « On attend » un feu vert du gouvernement pour une potentielle ouverture au niveau du terminal français à Calais, a indiqué un porte-parole de Getlink à l’AFP, confirmant que cela faisait bien partie des projets de l’entreprise.

Chez SNCF Gares & Connexions, on se dit aussi « favorable à une évolution de la réglementation ». Le surplus de recettes généré par le duty free « constituerait ainsi une source de revenus supplémentaire pour les infrastructures de transport et l’entretien des gares », souligne-t-on.

•• Mais ces projets ne font pas que des heureux, en particulier chez les buralistes, qui y voient « une menace directe à l’équilibre économique du réseau des buralistes sur la zone de l’agglomération de Calais », déjà fragilisé par « la concurrence déloyale des points de vente belges », selon le président de la Confédération des buralistes Philippe Coy, interrogé par l’AFP.

L’organisation a notamment adressé mi-novembre un courrier de protestation au président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.