Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
25 Jan 2017 | Profession
 

BARBÈS : RETOUR SUR CES CAROTTES QUI ONT FAIT LE BUZZ

Elles ont fait parler d’elles, ces deux tonnes de carottes déversées en plein quartier de Barbès ce matin et captées par les nombreuses radio et télévisions mobilisées (voir Lmdt de ce jour).

Avec cette opération surprise, la Fédération des buralistes Ile de France avait pour but d’alerter les politiques sur le fléau du marché parallèle. Outre les images et l’analyse de l’AFP (voir Lmdt de ce jour), quelques commentaires complémentaires parus dans les médias. 

Le Parisien-Aujourd’hui en France.  « Il y a clairement un manque de volonté politique », décrypte Éric Woerth, ancien ministre du Budget, « depuis une dizaine d’années, ce qui a pris de l’ampleur, c’est le commerce illicite de vraies cigarettes détournées par les réseaux du banditisme ou qui font l’objet de transferts d’un pays à l’autre ».

« On a aussi découvert chez nous des paquets vendus 3 euros achetés 85 centimes en Ukraine », y assure Bernard Gasq, président de la Fédération des buralistes d’Ile de France qui pointe du doigt ceux qui, à son avis, « surapprovisionnent les boutiques des pays pratiquant des prix bas comme la Belgique, le Luxembourg ou l’Espagne pour alimenter la contrebande ».

Pour Les Échos.fr, c’est aussi l’ensemble des difficultés rencontrées par la profession qui est à l’origine de l’ire des buralistes. « Nous vivons en insécurité », explique encore Bernard Gasq, qui regrette les braquages et les cambriolages des bureaux de tabacs mais aussi les attaques sur les camions de Logista, en charge de la distribution de cigarettes en France : « on en comptabilise 35 pour 2016 et déjà 6 depuis le début de l’année ».

« Nous sommes démunis face à la vente à la sauvette », commente Pierre Thaï, propriétaire d’une brasserie-tabac dans le 9ème arrondissement, pour qui les cigarettes de contrebande font surtout office de dépannage. « Beaucoup de mes clients disent ne pas apprécier leur goût et préférer quand même les cigarettes légales en dépit de leur prix ».

Dans Le Figaro.fr, « ça suffit ! » tonne Bernard Gasq. Avec en plus l’arrivée du paquet neutre et les hausses régulières du prix des cigarettes : « en décembre les ventes de tabac légal ont baissé de -14,7% et en janvier on arriverait à -15% » souligne-t-il. Et d’embrayer sur la sécurité : « aujourd’hui, chaque jour, un buraliste se fait agresser ou cambrioler. Nous avons peur pour nos familles et nos salariés. Comme élu syndical, je vis en permanence dans l’angoisse qu’on m’appelle pour m’avertir d’un drame ».

Au micro d’Europe 1, Philippe Alauze, secrétaire général de la Fédération Ile-de-France, déclare : « nous sommes bafoués. Nous avons acheté nos commerces, nous avons des crédits sur le dos. Entre 5 000 et 6 000 buralistes vont encore disparaître. Notre profession tend à s’amaigrir énormément. Nous ne pouvons donc qu’être en colère quand on nous attaque sur nos fonds de commerce alors que tous les gens qui sont en place les ont payés ! ».

 

L’AFP REVIENT SUR LA MANIF À BARBÈS DE BURALISTES D’ILE-DE-FRANCE 

Une trentaine de buralistes en colère ont déversé, ce matin du mercredi 25 janvier, des carottes sur la voie dans le quartier Barbès à Paris, haut lieu de commerce clandestin de cigarettes, pour protester contre ce marché parallèle, a constaté un photographe de l’AFP.

Les buralistes de la fédération d’Ile-de-France, de l’Oise et de Seine-Maritime (40 % du marché national), ont déversé un tas de carottes – emblème des buralistes -, à Barbès (nord de Paris) qu’ils qualifient de « plus grand tabac illégal de France ».

Dans ce quartier, des vendeurs à la sauvette revendent chaque jour des cigarettes de contrebande, à 5 euros contre 7 euros dans un bureau de tabac.

• Le commerce parallèle de tabac « se traduit par un manque à gagner de plus de 3 milliards d’euros par an pour l’État, et 250 millions d’euros pour les buralistes. Depuis (…) 2004, l’État a perdu en cumulé plus de 30 milliards d’euros, et les buralistes plus de 2 milliards, ça suffit ! », a déclaré à l’AFP Bernard Gasq, président de la chambre syndicale des buralistes de Paris.

Le marché parallèle totalise les achats à l’étranger ou de cigarettes de contrebande. Selon une étude de KPMG publiée en juin 2016, il s’établissait à 27,1% de la consommation en France, en 2015.

• « Nous demandons la mise en œuvre immédiate de la traçabilité indépendante des produits du tabac (…) ; une forte hausse des peines pour vol, recel et revente de tabac et enfin l’inscription de ces deux demandes dans le programme des candidats à la présidentielle », poursuit M. Gasq.

Après une hausse en 2015, l’année 2016 a marqué un recul de 1,2 % des ventes de cigarettes en France.

En 2017, ce recul pourrait se poursuivre avec une hausse prévue du prix des cigarettes et du tabac à rouler fin janvier de l’ordre de 30 à 40 centimes pour les premières et de 1,40 à 1,60 euro pour le second (voir Lmdt du 16 janvier).

 

BARBÈS : OPÉRATION SURPRISE DES BURALISTES

Ce matin, à partir de 5 heures 45, une quarantaine de buralistes d’Ile-de-France ont manifesté en déversant symboliquement deux tonnes de carottes au carrefour Barbès-Rochechouart, haut-lieu parisien du marché parallèle du tabac. Un scandale permanent au vu et au su de tout le monde. Un sujet d’inquiétude – enfin – pour le préfet de police de Paris (voir Lmdt des 20 janvier 2017 et 9 octobre 2016).

Le groupe de manifestants était mené par Bernard Gasq (président de la fédération Ile-de-France/Oise/Seine-Maritime).

La manifestation s’est déroulée sans incidents, en présence de nombreux médias : iTélé, RTL, AFP, BFM.