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16 Nov 2019 | Pression normative
 

Y aura-t-il en France, comme chez nos voisins britanniques, un Dry January ?

Si Santé publique France s’apprêtait à annoncer le lancement officiel de ce mois de sensibilisation (voir 6 janvier) visant à faire réfléchir chacun sur sa consommation d’alcool, dés janvier 2020, le président de la République Emmanuel Macron aurait, quant à lui, déclaré qu’il n’y aura pas de « Janvier Sec ».

Dans un communiqué, paru ce vendredi 15 novembre, plusieurs associations de prévention déplorent l’influence des « lobbies » sur cette décision.

•• Il se trouve qu’Emmanuel Macron aurait évoqué son opposition au « Mois sans Alcool  », lors d’un déjeuner avec les co-présidents du Comité Champagne, le 14 novembre dernier à Épernay, rapporte le site Vitisphère. L’annonce de Santé publique France avait en effet fait bondir la filière viticole, qui s’inquiète des répercussions économiques de la « promotion d’une abstinence totale en matière d’alcool et donc de vin ».

Comme l’expliquait un communiqué de l’Association Nationale des Élus de la Vigne et du Vin (ANEV) : « La filière viticole promeut depuis des années un message de modération, d’éducation à l’art de vivre à la française et à la culture du vin (…) Les vignerons font aujourd’hui face à de graves difficultés commerciales (…) En incitant les Français à ne plus acheter de vin pendant un mois, le gouvernement renforcerait les nombreuses inquiétudes de la filière ».

•• « Si cette déclaration venait à se confirmer, elle montrerait l’influence majeure de la filière alcool sur les choix politiques en matière de santé publique » affirment, en retour, l’Association nationale de Prévention  en Alcoologie et Addictologie (ANPAA), la Fédération française d’Addictologie (FFA), le Fonds Action Addiction (F2A) et la Société Française d’Alcoologie (SFA), signataires d’un communiqué commun.

De son côté, l’ANPAA rappelle que l’objectif du « Mois sans alcool » « n’est évidemment pas de conduire à une abstinence totale, mais de s’interroger sur sa consommation et de prendre conscience du rapport qu’entretient la société avec l’alcool ».

« Alors que, après le tabac, l’alcool est le produit qui cause le plus de dommages (41 000 décès évitables par an, dont 15 000 par cancer), une campagne de prévention sur le sujet est plus que légitime. Les associations et acteurs de santé publique veulent croire que les intérêts de santé publique primeront sur les résistances idéologiques des lobbies de l’alcool, pourtant si prompts à vouloir s’ériger en acteurs de prévention » conclut l’ANPAA.