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24 Mai 2019 | Observatoire
 

Pour la cinquième année consécutive, les Français ont accru leur consommation de bière et, selon Brasseurs de France, le chiffre d’affaires du secteur a atteint 3,9 milliards d’euros (contre 3,5 en 2017). Et le nombre de brasserie va crescendo en France (1 600 contre 1 100 en 2017).

Or, les « indépendants », largement responsables de ce regain d’activité, aspirent franchir une nouvelle étape en matière de distribution.

•• « Les bières artisanales connaissent une croissance phénoménale, puisqu’elles représentent désormais 7 à 8 % du marché. Un brasseur ouvre tous les deux jours et c’est une grande satisfaction car nous nous sommes battus pour libérer l’accès à la profession. Maintenant, il faut les aider à grandir, et cela passe forcément par une meilleure distribution » explique, dans Les Échos, Jean-François Drouin, le président du Syndicat national des Brasseurs indépendants (SNBI), qui regroupe plus de 400 brasseurs.

Selon Brasseurs de France, 65% des entreprises n’atteignent pas encore leur seuil de rentabilité (300 hectolitres par an).

•• Fin avril, le SNBI a jeté un pavé dans la mare en accusant les grands brasseurs de verrouiller le marché des CHR par le jeu des « contrats brasseurs ». Et selon le SNBI, ces volumes seraient tels qu’ils rendraient impossible tout approvisionnement parallèle chez un producteur indépendant. Or près de 80 % des cafés seraient concernés.

« Il est très difficile de convaincre les brasseries qui ont un contrat brasseur » reconnaît Laurent Boiteau, qui fabrique la bière vendéenne Mélusine. Cet ancien de la distribution, en très forte croissance (3 millions d’euros de chiffre d’affaires), tire son épingle du jeu grâce à son propre réseau, mais il juge néanmoins le système « anticoncurrentiel ». Le SNBI aspire à casser ces contrats, comme l’ont fait d’autres pays d’Europe.

•• « Nous considérons que c’est un soutien à la pérennité et au dynamisme de la filière car les établissements peinent parfois à obtenir un prêt auprès de banques frileuses. […] La caution solidaire est un élément de réassurance », rétorque Heineken, rappelant que « l’engagement entre l’établissement et le brasseur porte exclusivement sur les bières vendues en fûts et non les bouteilles » et que l’engagement de fourniture exclusive ne vaut que pour les cinq années du contrat.

•• Supprimer ces contrats ne suffirait pas pour retrouver de l’oxygène face à des grands brasseurs toujours plus inventifs.

Pour Franck Poncelet, co-organisateur du Salon Planète Bière, plus grand Salon professionnel dédié à la bière, deux enjeux cruciaux perdurent : « côté cafetiers, il y a un enjeu de pédagogie, de sourcing : sélectionner de bonnes bières, faire sa carte, ce n’est pas simple. Côté brasseurs indépendants, il n’y a pas d’organisation à grande échelle de la commercialisation, alors que tout le marché actuel se structure autour des grossistes, qui ont de gros catalogues et savent gérer la logistique de la bière et faire les tournées. »