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22 Nov 2019 | Institutions
 

Le « Dry January » français ne se fera pas. L’opération portée par Santé publique France et qui devait être annoncée courant novembre a finalement été enterrée (voir 16 novembre).

D’après les informations recueillies par 20 Minutes, c’est l’Élysée qui a demandé que la campagne soit stoppée. La semaine dernière, le président de la République, Emmanuel Macron, l’aurait promis à des vignerons du champagne.

•• Pourtant, tout était prêt.  Le compte Twitter avait émis ses premiers messages et le site Web n’attendait qu’à être lancé. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, devait même annoncer l’opération de prévention le 14 novembre. La crise des hôpitaux l’a finalement obligée à repousser, sonnant la fin du « Mois sans Alcool ».

•• « L’opération était prévue de longue date, des crédits avaient été engagés. Tout ça a été annulé sous la pression des viticulteurs. C’est attristant de voir qu’on annule au nom de la prétendue défense du lobby du vin » dénonce Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA).

La réaction est la même du côté de la Fédération Addiction. « Ça nous interroge sur le mode d’arbitrage. L’arbitrage ne penche pas en faveur de la santé publique » s’étonne Nathalie Latour, sa présidente.

•• Les professionnels de la prévention attendaient pourtant beaucoup de cette opération nationale. « Les résultats en Angleterre sont excellents. Ce n’était pas une campagne moralisatrice, personne ne voulait diaboliser l’alcool. L’objet, c’était avant tout d’aller vers la modération » poursuit la présidente de Fédération Addiction. Le « Mois sans Alcool » enterré par les instances publiques, Nathalie Latour espère désormais mobiliser « la société civile ».