Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
26 Déc 2018 | Profession
 

Les bistrots de campagne ferment les uns après les autres. Sauf quelques institutions comme « Chez Ginette », un bar-tabac-épicerie au Sarcenot, sur les hauteurs de Fougerolles (Haute-Saône), dans l’arrondissement de Lure.

Grand-mère et petite-fille y maintiennent l’esprit de convivialité et l’activité multi-services.

Avec sa blouse à carreaux bien ajustée, Ginette (86 ans) est toujours fidèle au poste… depuis 1963. « Aujourd’hui, je ne sers plus beaucoup » confie-t-elle L’Est Républicain (du 24 décembre) « un ou deux paquets de cigarettes … après je suis fatiguée ».

•• L’enseigne, à l’ancienne, est au bord de la nationale 57 et a quelque chose de rassurant. Ce matin de reportage, deux clients sont déjà attablés devant leur café. « De la cafetière toujours », précise Béatrice, la petite-fille qui a repris les rênes de la maison en 1997. On devise en attendant d’autres habitués qui tardent un peu en ce jour pluvieux.

•• L’institution, c’est aussi une grande famille. Ginette Colleuil en a des histoires sur les gens qui passent devant son comptoir. « Je connais tout le monde ici, effectivement. Je les ai vus venir au monde tous ceux qui sont là ce matin. » Et de se souvenir « des gamins qui venaient chercher des Carambar à pied depuis les fermes du coin … il y a bien longtemps. »

Malgré la file ininterrompue des véhicules sur la RN 57 désormais, « on a près de 80 % de notre clientèle composée d’habitués, de gens du coin », souligne Béatrice Durupet, « la 57 nous amène des clients de passage à certaines périodes de l’année pour les produits locaux de l’épicerie. »

•• « C’est qu’on a toujours fait deux commerces ici, » reprend Ginette, « le bar-tabac d’un côté et l’épicerie, de l’autre. » On trouvait de tout en effet chez Ginette : de l’alimentation mais également des rustines pour les vélos ou des bouteilles de gaz.

« Aujourd’hui, ça a changé, on ne fait plus que du dépannage et j’ai réorienté l’épicerie sur les produits du terroir » explique Béatrice, « on a la chance d’être entre la Lorraine et la Franche-Comté, deux régions et deux terroirs importants. » Donc les produits de la cerise et le kirsch font bon ménage avec ceux de la mirabelle au Sarcenot, à deux pas des prés vergers de cerisiers.

« J’ai aussi un peu diversifié les habitudes » poursuit la petite-fille qui est revenue au métier après quatre années de fac de sciences, « le mercredi après-midi, il y a les joueurs de cartes, d’autres habitués. »

•• Et puis, il y a les anciens qui passent toujours dire un petit bonjour à Ginette, en souvenir du bon vieux temps. Et les jeunes aussi qui ont repris les bonnes habitudes comme ce maquignon qui s’arrête toujours en passant. « Chez Ginette », l’esprit de convivialité demeure.