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13 Mar 2021 | Profession
 

Dans la profession, ce serait un secret de polichinelle : il existe aujourd’hui à Poitiers des bar-tabac qui accueilleraient des clients pour des boissons qui ne sont pas forcément à emporter. Et ce n’est pas bien vu par les collègues, rapporte La Nouvelle République.

•• Un jeudi de cette fin février … À 15 heures 30 une dizaine de clients se retrouve là, au fond d’un bar-tabac de quartier, comme chaque après-midi, entre habitués.

Les plus jeunes ceinturent le comptoir, à faire de grands gestes, à parler de tout et de rien. Cinq ou six personnes encore sont installées sur de petites tables et conversent un ton plus bas. Le contingent tourne au café, un peu, à la bière, surtout. Le buraliste, lui, oscille entre la tireuse à houblon et la caisse du tabac, à quelques mètres seulement.

Les habitués (exclusivement) de cet établissement sont autorisés par le gérant à venir se désaltérer, tant qu’ils se montrent discrets. Celui-ci dispose d’un véritable argumentaire pour appuyer sa décision, mais il préfère ne pas témoigner auprès du journaliste.

Le patron porte un masque de protection, geste loin d’être majoritaire chez sa clientèle. Sachant que le buraliste accueille en parallèle sa seconde clientèle, les consommateurs de tabac et de presse, comme si de rien n’était.

•• Il y en aurait plusieurs dans son cas à Poitiers. Du moins c’est ce qu’affirment, à demi-mot, différents professionnels du secteur. « Je ne peux pas vous donner de noms. Mais c’est un phénomène qui existe, oui. Et il n’y en a pas qu’un seul », assure un collègue.

« Il y en a quelques-uns à Poitiers, c’est vrai. Mais ça ne me dérange pas du tout, s’ils en ont besoin pour vivre … Je les comprends. Et les habitués ont besoin de parler » confirme une autre. « Chacun fait bien ce qu’il veut, moi j’y arrive sans. En tout cas, je ne dénoncerai pas » déclare un troisième.

•• Ce discours, tous ne le partagent pas. La pratique n’est pas toujours bien vue. Exemple d’un buraliste qui se montre plus amer : « je trouve ça dommage (de servir les clients du bar), car on n’est pas sur un pied d’égalité. Il faudrait un peu plus de contrôles de police, ils sont très rares. Même si ces bars-là ont raison. Si je n’avais pas les jeux et le tabac, si ça ne tenait pas financièrement, moi aussi j’ouvrirais un bar clandestin. »

•• Le commandant Wident, du commissariat de Poitiers, assure de la pratique « régulière » de contrôle, qu’il s’agisse de patrouilles ou de missions spécifiques, du respect des mesures sanitaires.