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7 Août 2020 | Observatoire
 

Le nombre d’automates bancaires a baissé de -4,1 % en 4 ans. selon un rapport de la Banque de France. Leur disparition s’accélérant surtout dans les zones les plus peuplées.

Des points d’accès privatifs – comme le Compte Nickel des buralistes – prennent cependant le relais (voir 18 et 19 juillet).

La France métropolitaine comptait 50 316 Distributeurs de Billets (DAB) en activité à fin 2019, selon des chiffres publiés ce 30 juillet par le ministère de l’Économie et des Finances et la Banque de France. Soit -2 135 automates par rapport à 2015, rapporte Les Échos.

•• « Il s’agit d’une rationalisation qui s’inscrit dans le contexte de l’érosion de l’usage des espèces dans les transactions, sous l’effet des changements des modes de consommation et de paiement », analyse ainsi la Banque de France.

La valeur des transactions en espèces ne cesse de diminuer chaque année, comme en témoigne une baisse de -13,2 % entre 2012 et 2019. La crise du Coronavirus aura encore accentué le phénomène, avec un bond évident des paiements sans contact, dont les limites sont même passées de 30 à 50 euros juste en fin de confinement.

Le phénomène n’est pas nouveau … mais son accélération risque de faire grincer des dents, notamment chez certains élus locaux attachés à ces automates, perçus comme les garants de la vie économique dans les petites communes. Le sujet, sensible d’un point de vue politique, avait été remis sur la table à l’occasion de la crise des « Gilets jaunes » et des inquiétudes sur la disparition des services de proximité dans les zones rurales, rappelle le quotidien économique.

•• La Banque de France assure, cependant, que le maillage du territoire reste globalement inchangé : « près de 99 % de la population métropolitaine, âgée de 15 ans et plus, réside soit dans une commune équipée d’au moins un automate, soit dans une commune située à moins de quinze minutes en voiture de la commune équipée la plus proche ».

La diminution du nombre de DAB se concentrerait en effet sur les villes les plus peuplées, avec une baisse de -4,8 % dans les communes de plus de 10 000 habitants.

•• Dans le même temps, le nombre de « points d’accès privatifs » a augmenté de 10 %, avec 25 536 lieux où il est possible de retirer des espèces sans automates, selon Les Échos  :

• des buralistes avec le compte Nickel (5 500 / ndlr) ;
• des points relais Crédit Agricole et Crédit Mutuel ;
• ou encore des différents points de contact de La Poste (agences, relais, etc.).

•• Les banques cherchent donc à optimiser le parc d’automates existants , dont l’entretien et l’approvisionnement représentent un coût. Elles ont, par exemple, fermé des distributeurs dans les agences qui en comptaient plusieurs ou bien profité des regroupements de plusieurs agences d’une même commune pour faire disparaître des automates. Cette baisse accompagne aussi le rythme de diminution du nombre d’agences bancaires (-3 % entre 2014 et 2018).

Le lobby bancaire, comme le commente Les Échos, assure que la géographie des DAB « reste vivante », avec 33 communes équipées pour la première fois en 2019. Dans le même temps, elles sont 49 à avoir vu disparaître le leur.

•• La situation reste cependant ouverte pour offrir l’opportunité à de nouveaux acteurs de s’inviter sur le marché.

C’est le cas des transporteurs de fonds , comme l’américain Brink’s (voir 26 juillet 2015), qui installent et exploitent des distributeurs de billets, essentiellement dans des zones rurales où les volumes d’opérations sont réduits, mais où les communes jugent nécessaire la présence d’un automate pour soutenir la dynamique économique locale. À fin juin 2020, on recensait 27 distributeurs de ce type en France.