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En dépit de la levée de boucliers et de la pétition de l’Association médicale autrichienne (voir Lmdt des 19 et 18 février), la majorité (ÖVP/droite – FPÖ/extrême droite) au pouvoir en Autriche a présenté, ce mercredi 28 février au Parlement, son projet de loi visant à permettre de continuer à fumer dans les bars et restaurants.

•• Le texte, qui doit être examiné dans les prochaines semaines, vise à annuler une loi d’interdiction totale du tabac dans la restauration adoptée en 2015 et devant entrer en vigueur le 1er mai (voir Lmdt des 2 janvier 2018 et 12 décembre 2017).

•• Lancée début février par l’Ordre des médecins, une pétition officielle contre ce projet de loi dénombrait ce 28 février plus de 420 000 signataires, soit près de 5 % de la population totale du pays, la barre symbolique des 500 000 étant à portée de main, selon ses promoteurs.

Et du président de la République Alexander Van der Bellen, pourtant fumeur invétéré, à l’ex-dirigeant conservateur Reinhold Mitterlehner, en passant par plusieurs élus régionaux de la majorité, les voix se sont multipliées pour presser l’exécutif de renoncer à changer la législation, que l’ÖVP avait approuvée il y a trois ans.

•• Mais le jeune chancelier conservateur (ÖVP) Sebastian Kurz – lui-même non-fumeur et personnellement hostile à un assouplissement de la législation anti-tabac – s’estime lié par le pacte de coalition noué avec le FPÖ, dont le chef, Heinz-Christian Strache, a fait de l’annulation de la loi d’interdiction un marqueur symbolique non-négociable.

L’opposition sociale-démocrate a demandé à la ministre de la Santé, Beate Hartinger-Klein (FPÖ), si elle jugeait le projet de loi de son parti compatible avec les engagements de l’Autriche auprès de l’Organisation mondiale de la Santé.